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Marina Foïs, maîtresse de cérémonie des César nouvelle formule: "Ce système était vacillant"

L'actrice détaille son rôle en cette année particulière, marquée par une pandémie, qui a causé la fermeture des salles. Plus que jamais, la comédienne veut "célébrer" le 7e Art et inciter le public à voir des films.

Marina Foïs sera la maîtresse de cérémonie des César 2021. Un rôle réputé pas facile, qu'elle a accepté "très facilement": "j'ai donné un oui trop rapide, qui est très suspect, un mélange de mégalomanie, de prétention et d'inconscience", lance d'emblée dans une interview accordée à BFMTV la comédienne, fidèle à son humour pince-sans-rire.

"J'aime bien l'idée qu'on célèbre les gens qui ont fait de grands films, les chefs opérateurs qui ont fait des lumières sublimes. J'aime tout ce qui est consacré au cinéma, comme le Festival de Cannes, ces moments où on ne parle plus que de ça, où on devient monomaniaque", poursuit la comédienne cinq fois nommée aux César.

Sa prestation en tant que maîtresse de cérémonie sera scrutée: les César entrent dans une nouvelle ère. Accusée d'opacité et d'entre-soi, l'institution a été profondément renouvelée l'année dernière, sous l'égide d'une toute nouvelle direction, confiée à Véronique Cayla.

"Transparence, parité et diversité"

Marina Foïs avait d'ailleurs mené la fronde l'année dernière contre l'ancienne direction. "Ce système était vacillant, et on était nombreux à le penser", concède Marina Foïs, qui ne se sent pas pour autant "investie d'une mission" et veut se concentrer cette année sur "la présentation", qui est plus "son domaine".

Malgré les bonnes volontés des frondeurs qui demandaient l'année dernière "démocratie, transparence, parité et diversité", rappelle aujourd'hui Marina Foïs, le manque de reconnaissance des minorités aux César n'a cependant pas changé.

Au terme des premiers votes, la parité reste un horizon très lointain dans les nominations: une seule femme est nommée dans la catégorie reine du "meilleur film", Caroline Vignal pour Antoinette dans les Cévennes, tout comme pour la "meilleure réalisation" (Maïwenn pour son film ADN).

Nouvelles règles

Les règles, précise également Marina Foïs, changent cette année: le Prix du Public a été supprimé et le cumul des César du meilleur film et de la meilleure réalisation est de nouveau possible.

Depuis cinq ans, si le vainqueur de la catégorie réalisation était le même que celui du meilleur film, le César allait au deuxième. "C'était une règle absurde: il y a des années où le meilleur réalisateur fait le meilleur film", estime-t-elle, avant de glisser: "L'année dernière, qui aurait [réellement] gagné?"

La statuette du meilleur film est en effet allée au grand gagnant de la soirée, Les Misérables de Ladj Ly, tandis que celle du meilleur réalisateur est revenue à Roman Polanski pour J'accuse, provoquant ainsi un tollé général.

Pour beaucoup, Ladj Ly était arrivé en tête des votes pour le César du meilleur réalisateur, mais en raison du règlement, il avait dû s'incliner face à Polanski. L'abrogation de cette règle serait une réponse à cette situation.

Emmanuel Mouret en tête

La cérémonie, retransmise en clair sur Canal+, aura lieu à l'Olympia le 12 mars sous la présidence de Roschdy Zem, avec Laurent Lafitte et Blanche Gardin à l'écriture des sketchs. Benjamin Biolay dirigera de son côté l'orchestre.

Après une année pas comme les autres, marquée par des mois de fermeture des salles pour cause de pandémie, les 4.292 membres votants de l'Académie ont dû faire leur choix parmi 125 films éligibles, qui ont réussi malgré tout à sortir.

Emmanuel Mouret fait la course en tête, avec sa nouvelle exploration des sentiments amoureux Les choses qu'on dit, les choses qu'on fait", qui a récolté 13 nominations et a déjà été récompensée par la presse étrangère en France.

Le dixième long-métrage du Marseillais devance d'un cheveu la romance gay Eté 85 de François Ozon, souvent nommé mais jamais récompensé, et la comédie Adieu les Cons d'Albert Dupontel, spécialiste de l'humour décapant (12 nominations chacun).

Loin des polémiques, Marina Foïs veut donner envie au public d'aller voir des films: "Ca me fait plaisir [d'être maîtresse de cérémonie] pour parler de ce cinéma-là. C'est un cinéma qui est ultra divers: Antoinette dans les Cévennes, Adieu les cons, Tout simplement noir... à part le mot cinéma, artistiquement, ils ont très peu de choses en commun. Il est beau le cinéma français dans sa diversité. Il faut le célébrer!"

Claire Fleury et Jérôme Lachasse