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"Liberté d'importuner": Isabelle Adjani déplore la tribune co-signée par Catherine Deneuve

Isabelle Adjani lors de la cérémonie des Césars en 2010

Isabelle Adjani lors de la cérémonie des Césars en 2010 - Bertrand Guay - AFP

L'actrice française a réagi à la tribune parue dans Le Monde et qui avait profondément divisé l'opinion.

Non, elle n'aurait pas signé cette fameuse tribune parue dans Le Monde le 9 janvier dernier et dans laquelle une centaine de femmes, dont Catherine Deneuve, défendaient la "liberté d'importuner". A l'occasion d'un entretien accordé au magazine Gala, Isabelle Adjani a livré son opinion sur le sens de cette tribune à l'heure où naissent plusieurs mouvements féministes comme #MeToo après l'affaire Weinstein.

"Elle tombe à un très mauvais moment, rétorque l'actrice française. Quand il y a, comme ça, un mouvement de libération de la parole sans précédent, on ne l'interrompt pas, on le laisse s'épanouir. Quand il y a trente ou ou trente-cinq pour cent de plus de femmes qui osent enfin porter plainte pour maltraitance, on dit bravo!"

"Ce n'est pas le moment de lâcher la pression"

La comédienne de 62 ans poursuit: "Quand je lis des phrases comme: 'Il faut comprendre la misère sexuelle d'un homme dans le métro', je suis désolée mais non! Le 'frotteur dans le métro', il m'est tombée dessus quand j'avais 15 ans, et les sensations avilissantes que j'avais éprouvées ne se sont pas effacées. Se remettre de ça dépend de chacune, de l'histoire traumatique qu'un trimballe".

Isabelle Adjani, que le public a pu retrouver dans la série Dix pour cent, assure que les femmes ne sont "pas toutes égales devant la possibilité de s'en sortir seule" et qu'elles sont "toujours autant menacées partout dans le monde". Et de conclure avec fermeté: "Ce n'est pas le moment de lâcher la pression."

F.M.