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Hommage national: pourquoi avoir choisi la chanson de Barbara Perlimpinpin?

La chanteuse Barbara en 1971.

La chanteuse Barbara en 1971. - AFP

Perlimpinpin. Un mot qui sonne comme une comptine d'enfant, comme la poudre de Perlimpinpin... C'est le titre de la chanson de Barbara, choisie ce vendredi par la ministre de la Culture Fleur Pellerin, le président François Hollande et le Premier ministre Manuel Valls, pour l'hommage national à tous ceux qui ont perdu la vie dans l'attaque terroriste du 13 novembre. 

A la lecture des paroles de Perlimpipin, le choix de cette chanson, interprétée par la cantatrice Nathalie Dessay, apparaît limpide. "Apprenez par coeur la chanson de Barbara, récitez-la à vos amis, à vos proches, à vos lointains", écrivait François Morel, dans sa chronique sur France Inter, le 23 mars 2012. Juste après les crimes de Mohamed Merah.

"Vivre, vivre!"

"Que c'est abominable d'avoir pour ennemis, les rires de l'enfance": ces paroles tellement de circonstance vont résonner ce vendredi matin, dans la cour des Invalides. Perlimpinpin s'achève sur une note d'espoir et ces mots, "Vivre, Vivre/ Avec tendresse, Vivre/ Et donner Avec ivresse!".

paroles de "perlimpinpin", de barbara

"Pour qui, comment quand et pourquoi? Contre qui? Comment? Contre quoi?/ C'en est assez de vos violences./ D'où venez-vous?/ Où allez-vous? Qui êtes-vous?Qui priez-vous?/ Je vous prie de faire silence./ Pour qui, comment, quand et pourquoi? S'il faut absolument qu'on soit/ Contre quelqu'un ou quelque chose,/ Je suis pour le soleil couchant/ En haut des collines désertes. Je suis pour les forêts profondes,/ Car un enfant qui pleure,/ Qu'il soit de n'importe où,/ Est un enfant qui pleure,/ Car un enfant qui meurt/ Au bout de vos fusils/ Est un enfant qui meurt./ Que c'est abominable d'avoir à choisir/ Entre deux innocences!/ Que c'est abominable d'avoir pour ennemis/ Les rires de l'enfance!/ Pour qui, comment, quand et combien?/ Contre qui?/ Comment et combien?/ À en perdre le goût de vivre,/ Le goût de l'eau, le goût du pain/ Et celui du Perlimpinpin/ Dans le square des Batignolles!/ Mais pour rien, mais pour presque rien,/ Pour être avec vous et c'est bien!/ Et pour une rose entr'ouverte, Et pour une respiration,/ Et pour un souffle d'abandon, Et pour ce jardin qui frissonne!/ Rien avoir, mais passionnément,/ Ne rien se dire éperdument,/ Mais tout donner avec ivresse/ Et riche de dépossession,/ N'avoir que sa vérité,/ Posséder toutes les richesses,/ Ne pas parler de poésie,/ Ne pas parler de poésie/ En écrasant les fleurs sauvages/ Et faire jouer la transparence/ Au fond d'une cour au murs gris/ Où l'aube n'a jamais sa chance./ Contre qui, comment, contre quoi?/ Pour qui, comment, quand et pourquoi?/ Pour retrouver le goût de vivre,/ Le goût de l'eau, le goût du pain/ Et celui du Perlimpinpin/ Dans le square des Batignolles./ Contre personne et contre rien,/ Contre personne et contre rien,/ Mais pour toutes les fleurs ouvertes,/ Mais pour une respiration,/ Mais pour un souffle d'abandon/ Et pour ce jardin qui frissonne!/ Et vivre passionnément,/ Et ne se battre seulement/ Qu'avec les feux de la tendresse/ Et, riche de dépossession,/ N'avoir que sa vérité,/ Posséder toutes les richesses,/ Ne plus parler de poésie,/ Ne plus parler de poésie/ Mais laisser vivre les fleurs sauvages/ Et faire jouer la transparence/ Au fond d'une cour aux murs gris/ Où l'aube aurait enfin sa chance,/ Vivre, Vivre Avec tendresse,/ Vivre/ Et donner Avec ivresse !"

M. R.