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"En thérapie": ce qu'il faut savoir sur la première série de Toledano et Nakache

La série "En Thérapie"

La série "En Thérapie" - Arte

Cette série disponible sur Arte fait le portrait d'une France en état de choc, après les attentats du Bataclan, et résonne subtilement avec d'autres actualités, de #MeToo à la crise sanitaire.

"Même rendez-vous, même heure": première série pilotée par le duo Toledano/Nakache, En thérapie fait le portrait d'une France en état de choc, après les attentats du Bataclan, et résonne subtilement avec d'autres actualités, de #MeToo à la crise sanitaire.

Disponible dès à présent sur la plateforme arte.tv et diffusée sur la chaîne à partir du 4 février, cette série-événement sur la psychanalyse est l'adaptation d'une fiction israélienne à succès (Betipul), qui a déjà donné lieu à plusieurs remakes aux Etats-Unis, en Italie... En faisant le pari d'une adaptation en France, le duo d'Intouchables et du Sens de la fête ambitionne de montrer les failles et les trauma de la société française, à travers une galerie de personnages.

La série française reprend le cahier des charges originel: chaque épisode correspond à une séance avec un patient (un médecin, un policier, une adolescente aux pensées suicidaires et un couple en crise). Au cinquième épisode, bouclant la semaine, c'est au tour de Dayan, le psychanalyste incarné par Frédéric Pierrot, de se confier à son mentor (Carole Bouquet) et de se mettre à nu.

"La série était depuis longtemps dans nos têtes. La contrainte peut faire peur mais fait partie de nos motivations: se concentrer sur les acteurs, sur leur visage, sur les personnages", expliquait Olivier Nakache lors d'une rencontre virtuelle avec la presse à l'automne.

16 novembre 2015, 09H00

L'occasion aussi d'aborder un registre foncièrement dramatique, à rebours de ce qu'il fait au cinéma avec son acolyte, Eric Toledano. Spécificité française: la série se déroule dans un contexte particulier, celui des attentats du Bataclan. Elle démarre le 16 novembre 2015 à 09H00, un peu plus de 48 heures après les attaques qui ont endeuillé le pays et ont convaincu les réalisateurs de se lancer dans ce projet.

La première à s'allonger sur le divan est une chirurgienne en plein désarroi amoureux (jouée par Mélanie Thierry), bousculée par les événements qui viennent de se produire et une longue nuit d'opérations. Suivra un policier rongé par la colère (incarné par Reda Kateb) qui ne se remet pas d'être entré dans le Bataclan le soir du drame.

"Ce personnage représente un traumatisme collectif", souligne l'acteur, qui s'est beaucoup documenté et a aussi rencontré un capitaine de la BRI pour préparer ce rôle puissant. Mais au final, "tout repose sur le texte et les acteurs", insiste-t-il. Dialogues ciselés et casting cinq étoiles permettent en effet de faire vivre à l'écran ces face-à-face tout en tension, d'une durée de 25-30 minutes, filmés dans un lieu unique.

Eloge du collectif

Pour donner naissance aux 35 épisodes de la série, Eric Toledano et Olivier Nakache se sont entourés d'autres noms de la réalisation, de Pierre Salvadori à Nicolas Pariser (Alice et le maire). Une manière de travailler collective qui a permis de filmer rapidement, avec seulement 70 jours de tournage, et de creuser d'autres sujets que ceux des attentats, comme les abus sexuels dans le milieu du sport, via le personnage de Camille, jouée par la touchante Céleste Brunnquell.

"En Thérapie, c'est la simplicité de la parole physique", souligne, de sa voix grave, le comédien Frédéric Pierrot, qui tient le premier rôle. "Et ça résonne avec l'actualité", renchérit Carole Bouquet, en mettant en lumière l'écoute et l'empathie, deux qualités très recherchées à l'heure du Covid et de la distance physique imposée.

Pourrait-on d'ores et déjà envisager une 2e saison, se penchant sur les dégâts de la crise sanitaire ? "On ne pourra pas y éviter le sujet. Difficile d'y échapper", prédit Frédéric Pierrot. En attendant, à quelle dose regarder la série ? De manière linéaire, personnage par personnage ? Ou tout d'un bloc ? Toutes les options sont sur la table, mais il est essentiel que le spectateur se laisse "le temps de digérer un peu", recommande Olivier Nakache.

J.L. avec AFP