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Star Wars: un tournage chaotique pour le spin-off sur Han Solo

Les acteurs de "A Star Wars Story", le spin-off sur Han Solo

Les acteurs de "A Star Wars Story", le spin-off sur Han Solo - Disney

Le remplacement des deux réalisateurs du spin-off sur Han Solo vient conclure des mois de tensions, sur un tournage particulièrement difficile.

Le spin-off de Star Wars centré sur les jeunes années de Han Solo, et dont le titre n'a pas encore été communiqué, traverse des zones de turbulence encore plus violentes qu'on ne le pensait. Quelques jours après l'annonce du remplacement des deux réalisateurs, Phil Lord et Christopher Miller, par Ron Howard, de nouvelles révélations laissent penser que les "différends créatifs" évoqués entre les deux cinéastes et la production sont loin d'être les seuls obstacles.

Entre acteurs insatisfaisants, montage hasardeux et ingérence de LucasFilm, le Hollywood Reporter dévoile un tournage chaotique. Rythmé par les nombreux couacs techniques, il doit se prolonger jusqu'en septembre, alors que le planning initial prévoyait qu'il s'achève en juillet.

Alden Ehrenreich, Han Solo en demi-teinte

Tandis que la situation est devenue de plus en plus compliquée entre les deux réalisateurs et Kathleen Kennedy, présidente de Lucasfilm, un autre problème est venu s'ajouter: la prestation d'Alden Ehrenreich. L'interprète principal, qui reprend le flambeau de Harrison Ford dans le rôle de Han Solo, ne n'a pas convaincu la société de production. Si bien qu'en mai, lorsque le tournage s'est déplacé de Londres aux îles Canaries, un coach artistique a été engagé pour guider l'acteur de Ave, César!. 

Par ailleurs, Lucasfilm, peu satisfait du travail du monteur Chris Dickens, a décidé à la même période de le remplacer par Pietro Scalia, deux fois primé aux Oscars. Ces changements de direction sont intervenus en mai, soit quatre mois après le début du tournage. 

Des obstacles infranchissables

On en apprend également plus sur la dégradation des rapports entre les deux cinéastes précédemment aux manettes du film et leur direction. Selon des sources proches du tournage, les premières difficultés se sont fait sentir dès les premiers jour du tournage.

Une source fait ainsi état de "profonds différends fondamentaux et et philosophiques", et affirme que Phil Lord et Christopher Miller avaient le sentiment de n'avoir "aucune liberté créative". Ils devaient par ailleurs travailler selon des "plannings extrêmement contraignants", et "n'avaient jamais assez de jours pour chacune des scènes dès le tout début."

Un chaperon dérangeant

Afin de recadrer les deux réalisateurs, Kathleen Kennedy a fait appel au scénariste et producteur exécutif Lawrence Kasdan ( scénariste historique de L'Empire contre-attaque et du Retour du Jedi). Une collaboration dont Lord et Miller ne se sont pas accommodés, comme l'explique une autre source:

"(Phil Lord et Christopher Miller) collaborent étroitement avec leurs acteurs et leur donnent beaucoup de liberté (...) Lawrence Kasdan ne l'acceptait pas et exigeait que chaque ligne du script soit prononcée mot pour mot."

Le tournage d'une scène importante, pour laquelle le duo de réalisateurs n'utilisera que trois caméras alors que la production en attendait une quinzaine, sera l'incident de trop.

Un schéma qui se répète?

Cette situation n'est pas sans rappeler le tournage de Rogue One, premier spin-off de la saga sorti en décembre 2016. S'il n'a pas fait l'objet d'une mesure aussi extrême qu'un changement de réalisateur, le cinéaste Gareth Edwards avait dû repartir en tournage pour parfaire certaines scènes. Un couac technique qui n'a pas empêché Rogue One de faire un carton au box-office et de ravir les fans de la saga.

Benjamin Pierret