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Soupçonné de meurtre, un ancien espoir du cinéma français clame son innocence 

Gérald Thomassin, dans le film de Jacques Doillon, Le premier venu, en 2008.

Gérald Thomassin, dans le film de Jacques Doillon, Le premier venu, en 2008. - Pyramide Distribution

Gérald Thomassin, césar du meilleur espoir masculin en 1991 pour son rôle dans Le Petit Criminel de Jacques Doillon assure "ne pas être un meurtrier".

Gérald Thomassin, ancien espoir du cinéma français mis en examen pour le meurtre d'une postière en 2008 dans l'Ain, nie de nouveau en être l'auteur dans une interview publiée ce vendredi dans les colonnes du Le Progrès.

"Je suis un marginal, j'assume, mais pas un meurtrier", déclare-t-il dans le quotidien régional. Gérald Thomassin avait été remis en liberté sous bracelet électronique en mai dernier après un peu moins de deux ans de détention préventive.

Mis en examen en juillet 2013, l'homme de 40 ans, qui avait obtenu le César du meilleur espoir masculin en 1991 pour son rôle dans Le Petit Criminel de Jacques Doillon, fait l'objet d'un renvoi aux assises prononcé cet été par un juge d'instruction de Bourg-en-Bresse. Selon des sources judiciaires, il a cependant fait appel de cette décision. La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Lyon doit examiner ce recours le 6 novembre.

28 coups de couteau

Dans l'entretien qu'il a accordé a nos confrères, Gérald Thomassin se dit victime d'un "délit de sale gueule". "J'étais toxico, 16 mg de subutex par jour, j'avais toujours une canette à la main, je ne travaillais pas. Les gens se posent des questions et après ils inventent", a-t-il confié.

En 2008, le corps de Catherine Burgod avait été découvert, lardé de 28 coups de couteau. La victime, alors enceinte de cinq mois, avait été retrouvée dans une kitchenette du fond de l'agence postale de Montréal-la-Cluse, où elle travaillait.

"J'appelle mon frère en disant que j'allais dire que c'était moi"

Placé en garde à vue en janvier 2009, Thomassin avait été relâché, faute de preuves. Il avait été à nouveau interpellé puis mis en examen en juillet 2013. L'avocat de la partie civile, Me Jacques Frémion, avait évoqué en décembre 2014 auprès de l'Agence France-Presse (AFP) "un lourd faisceau d'indices graves, précis et concordants" à l'encontre de l'ex-acteur.

Allusion notamment à des écoutes téléphoniques où celui-ci déclarait à son frère: "Je vais aller à la gendarmerie dire que c'est moi qui l'ai tuée".

"J'étais bourré et j'appelle mon frère en disant que j'allais dire que c'était moi, parce qu'ils me pétaient les c...", s'est-il justifié dans Le Progrès. "Je sais que des gars louches ont été contrôlés le matin du meurtre avec de l'argent dans les poches et on n'a même pas relevé leurs identités", a-t-il ajouté.

Romain Iriarte avec AFP