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Sausage Party reste interdit aux moins de 12 ans, mais n'est pas suspendu

"Sausage Party" reste interdit aux moins de 12 ans

"Sausage Party" reste interdit aux moins de 12 ans - Sony Pictures

Accusé de corrompre les jeunes par des associations, le film Sausage Party ne sera finalement pas suspendu.

Le film d'animation Sausage Party, accusé de corrompre les jeunes par des associations qui réclamaient que sa diffusion soit suspendue, reste interdit aux mineurs de moins de douze ans, selon une ordonnance rendue mercredi par le tribunal administratif de Paris.

"Après s'être livré à une analyse des scènes critiquées", le tribunal a estimé que "le film ne diffusait pas un message à caractère violent et que les scènes à caractère sexuel ne visaient pas à corrompre les mineurs", selon l'ordonnance du juge, qui a par ailleurs relevé "la dimension humoristique" du film.

"La première comédie d'animation pour adultes"

Sausage Party, interdit aux moins de 12 ans en France (aux mineurs aux Etats-Unis), a provoqué l'ire de l'association proche des catholiques traditionalistes Promouvoir (qui s'est déjà attaquée à "La Vie d'Adèle", Antichrist ou encore Baise-moi), et d'Action pour la dignité humaine en raison de la crudité des dialogues, scènes à caractère sexuel, violence, présence de la drogue...

Présenté comme "la première comédie d'animation pour adultes à l'humour particulièrement osé", le film réalisé par Greg Tiernan et Conrad Vernon, raconte la vie intime d'une intrépide saucisse et, dans le rôle du méchant, d'une poire à lavement vaginale.

Les associations réclamaient une reclassification en film interdit aux moins de 16 ans, ce qui requiert un retrait préalable du visa d'exploitation. Pour le juge, ce n'est pas parce que ce film n'est pas interdit aux jeunes adolescents, que "la protection de l'enfance et de la jeunesse" est négligée.

Le "caractère subversif" du film

"L'interdiction de la diffusion aux moins de douze ans, le titre, l'affiche et la bande annonce du film mettent suffisamment en relief son caractère 'subversif' et l'omniprésence des connotations sexuelles", est-il indiqué dans l'ordonnance.

La veille, l'avocat de l'association Promouvoir Me André Bonnet, avait estimé que la bande-annonce "ne dit rien sur le véritable contenu du film". Il avait par ailleurs dénoncé la "scène finale de partouzes": "Une orgie sidérante entre scènes de fellation, de sodomisation (...) où l'on voit un paquet de corn-flakes -un objet assez corpulent- assénant des mouvements de va-et-vient brutaux et demandant 'tu aimes ça, salope?'"

En face, Me Jacques Molinié, l'avocat du ministère de la Culture, avait moqué "la volonté de censure" de ses contradicteurs "à l'égard d'un film qui est un peu libertaire".