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Jean-Paul Belmondo, Jean-Marie Bigard, Muriel Robin… Le monde de la culture pleure Guy Bedos

Guy Bedos

Guy Bedos - Martin Bureau - AFP

La mort de Guy Bedos, un artiste aussi connu pour son humour féroce que ses engagements, a suscité un grand émoi.

Humoristes, personnalités du spectacle et hommes politiques ont salué jeudi la mémoire de Guy Bedos, mort le jour-même à Paris à l'âge de 85 ans, un artiste aussi connu pour son humour féroce que ses engagements. 

"Après les disparitions successives de Michel (Piccoli) et Jean-Loup (Dabadie), la mort de Guy me brise le cœur une fois de plus (...) Plus qu'un ami, je perds un frère", a confié Jean-Paul Belmondo au Parisien. "Sa disparition me fait beaucoup de peine (...) Guy, c'est un esprit libre, et un œil acéré", ajoute, dans les colonnes du quotidien, Anny Duperey, qui a partagé avec lui l'affiche d'Un éléphant, ça trompe énormément.

"Guy Bedos qui s'en va, c'est d'abord un morceau de nous tous, de nous toutes. À titre personnel, j'aimais quand il disait qu'il était mon grand frère. Guy était pour moi l'homme le plus tendre que j'ai rencontré de ma vie", a expliqué à BFMTV Muriel Robin, qui a joué sur scène avec lui en 1992-1993.

"Son insolence était salutaire"

Jean-Michel Ribes, directeur du théâtre du Rond-Point et aussi ami de l'humoriste, ajoute sur notre antenne:

"J'ai le souvenir d'un homme multiple. Ce n'était pas un ricaneur. C'était quelqu'un d'engagé, de très émouvant, de très généreux, qui avait le culot grâce à son génie de trouver des formules irrésistibles, de dire des choses que peu de gens disaient. Son insolence était salutaire. Il y a une face de Guy Bedos que personne ne connaît: c'était un homme tendre, chaleureux, qui adorait ses enfants."

"Nous avons perdu notre plus grand défenseur de la liberté d’expression. Une pensée affectueuse pour ses enfants qui ont hérité de son génie", a salué de son côté Jean-Marie Bigard sur Twitter. Anne Roumanoff, contactée par l'AFP, a rendu hommage au "créateur de l'humour politique en France":

"Il a porté très haut l'art de la revue de presse en commentant directement l'actualité bien avant les Guignols. Il y a eu avant les chansonniers dans les cabarets, mais Guy Bedos l'a hissé au rang d'art et l'a rendu populaire. Il a créé un style à nul autre pareil. Il incarnait l'irrévérence, la férocité, une cruauté mais aussi une grande tendresse. A une époque où ll n'y avait que trois chaînes de télé, il ne s'est pas privé de critiquer la gauche alors qu'il était de gauche. Il a eu un impact énorme. Il était courageux et libre".

"Son talent et ses colères nous manqueront"

"Guy Bedos nous a accompagnés pendant des décennies. Son humour était une arme redoutable contre le racisme et la bêtise qu’il combattait sans relâche", a renchéri sur Twitter l'ancien président François Hollande. "La gauche était sa famille, il la traitait durement parce qu’il en attendait beaucoup. Son talent et ses colères nous manqueront."

"C’était un militant humaniste, engagé, à la fois idéaliste et critique. Il ne lâchait rien et pouvait être très sévère. Guy Bedos était exigeant et déterminé. J’aimais sa franchise toute méditerranéenne, il allait droit au but, sans contrefaçons. Il ne transigeait jamais, surtout pas avec ses convictions et ses passions", a poursuivi Jack Lang, ancien ministre de la Culture, dans un communiqué.

Jérôme Lachasse avec AFP