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Halloween est de retour avec une suite horrifique efficace à l'accent féministe

Halloween

Halloween - Universal Pictures

Portée par Jamie Lee Curtis, cette suite directe fait fi des neuf précédents épisodes ou "reboot" de la saga.

Michael Myers, un des croque-mitaines les plus effrayants de l'histoire du cinéma, revient pour jouer un mauvais tour aux spectateurs. Quarante ans après Halloween - La Nuit des masques, il revient pour hanter Jamie Lee Curtis dans une suite horrifique efficace à l'accent féministe.

Le succès est d'ailleurs au rendez-vous: produit pour dix millions de dollars, ce nouvel opus en a déjà récolté 76 millions lors son premier week-end d'exploitation aux Etats-Unis.

"On n'échappe pas à son destin" est-il écrit en accroche de l'affiche du film. Ce slogan éculé prend ici doublement son sens puisqu'il concerne autant l'héroïne Laurie Strode, survivante du volet originel réalisé par le maître John Carpenter (consultant, producteur et musicien du film cette fois), que son interprète Jamie Lee Curtis, dont ce fut le tout premier rôle.

Une suite faisant fi des précédents épisodes

Grâce au succès de La Nuit des masques, la fille de Tony Curtis et de Janet Leigh est devenue à 19 ans une des plus célèbres "scream queens" du 7e art, comme avant elle sa mère dans Psychose d'Alfred Hitchcock. Quarante plus tard, l'actrice, revue en femme forte chez Kathryn Bigelow (Blue Steel) et James Cameron (True Lies), rendosse son tout premier rôle dans une suite directe faisant fi des neuf précédents épisodes ou "reboot" de la saga.

Ce choix artistique interroge sur la difficulté pour une star de sortir d'un rôle iconique, malgré quelques réussites en ce qui concerne Jamie Lee Curtis, également remarquable dans Un poisson nommé Wanda ou Le tailleur de Panama. Comme Sylvester Stallone, qui a su redonner de l'épaisseur à Rocky Balboa dans Creed où la filiation était un thème fort, Curtis a suivi une approche similaire pour Halloween

Autre différence entre le Halloween de 1978 et son reboot: le lien de parenté qui unit Laurie Strode et Michael Myers a été complètement effacé. Ajoutée au film d'origine pour l'allonger et permettre ainsi une diffusion télévisuelle, l'idée que ces personnages étaient frère et sœur a été reniée par John Carpenter lui-même:

"Cette histoire de frère et de sœur n'existait pas du tout au départ [...] Cela n'a aucun sens, c'est ridicule", confiait-il à Mad Movies l'été dernier.

Un avis partagé par Jamie Lee Curtis, dont le personnage semble être attaquée au hasard par Michael Myers au début du premier Halloween: "La véritable horreur réside dans l'absence de réponse, puisque c'est le caractère aléatoire de la menace qui la rend terrifiante", explique la comédienne à la revue.

Un tournant féministe

Dans le nouveau Halloween, le traumatisme et la paranoïa n'ont jamais quitté Laurie Strode. Elle a fini elle-même par devenir une sorte de guerrière surarmée, recluse, persuadée que "le tueur de la nuit des masques" reviendra un jour. Au point de susciter embarras et inquiétude chez sa fille et sa petite-fille... jusqu'à ce Michael Myers réapparaisse.

Interné depuis 40 ans, celui-ci profite d'un accident pour sortir de sa retraite forcée et enchaîne les meurtres à un rythme quasi-industriel, jusqu'à l'affrontement final, dans la même maison où, 40 ans plus tôt, la jeune Laurie réchappa d'un rien au pire.

Laurie n'est plus seule pour tenter d'en finir avec cet agresseur psychopathe. Un tournant féministe opportun à l'époque de #MeToo. "Les femmes essayent de reprendre, sous plein de formes, le cours de leurs vies après avoir été abusées par des hommes. Halloween est un exemple parmi d'autres", a-t-elle étayé dans le magazine People.

Jérôme Lachasse avec AFP