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Gérard Lanvin de retour au cinéma: "Avant Papi Sitter, j’ai été au chomedu trois piges"

Gérard Lanvin dans Papi Sitter

Gérard Lanvin dans Papi Sitter - Gaumont

Gérard Lanvin revient au cinéma après cinq ans d’absence. Il retrouve son vieux complice Olivier Marchal dans la comédie Papi Sitter. L’occasion de revenir avec lui sur ses meilleurs duos de cinéma, de Michel Blanc à Franck Dubosc en passant par Benoît Poelvoorde.

Gérard Lanvin est de retour aux affaires. Au chômage forcé depuis l’échec de Pension complète (2015), remake de La Cuisine au beurre avec Franck Dubosc, la star de Marche à l’ombre et de Camping revient dans les salles obscures ce mercredi 4 mars de Papi Sitter

Après un rôle tout en autodérision dans la série Dix pour cent, Gérard Lanvin retrouve dans cette comédie familiale son vieux complice Olivier Marchal. Ils incarnent deux grands-pères diamétralement opposés délégués pour surveiller les révisions du bac de leur petite-fille. Loin de ses rôles de dur épris de liberté, Gérard Lanvin surprend avec un personnage tout en mélancolie.

Alors qu’il a retrouvé les plateaux de cinéma en tournant récemment Bronx d’Olivier Marchal et Envole-moi de Christophe Barratier, Gérard Lanvin revient sur sa carrière. Il commente, à l’occasion de la sortie de Papi Sitter, ses meilleurs duos de cinéma, de Michel Blanc à Franck Dubosc en passant par Benoît Poelvoorde.

Papi Sitter avec Olivier Marchal

"Je n’ai pas souvent joué avec Olivier Marchal. Le Fils à Jo est le premier film où on s’est réunis en tant qu’acteurs. Puis on s’est retrouvés quand il était un patron sur Les Lyonnais et Bronx, son nouveau film, où je fais une apparition. Sur le tournage du Fils à Jo, on s’est réunis en tant que personnes. On vivait dans la même maison. On a partagé beaucoup de moments heureux ensemble, en buvant des coups, en mangeant, en aimant la vie. Les deux personnages de Papi Sitter ont de la mélancolie, de la tristesse. Nous aussi, dans la vie, on a un peu de spleen, parce qu’on nous a collé des étiquettes dès le départ. Mais la vie nous a autorisés à penser qu’on avait beaucoup de chances. On est des joyeux, finalement! On n’est pas des bluesmen, mais des rock’n’roll men! Nous le savons, nous, mais peut-être que les gens ne l’ont pas encore perçu.
Avec Papi Sitter, ils percevront le vrai tempérament d’Olivier Marchal. Mon personnage n’a rien à avoir avec ma vie [il est inspiré par le père de Philippe Guillard, le réalisateur du film, NDLR], mais ça nous a permis de faire le clown blanc et l’Auguste. Olivier a le tempérament que je cherchais pour jouer à nouveau un duo, mais un duo de mon âge. On est dans des traditions de grands-pères au cinéma qui peuvent nous apporter des rôles magiques. Il faut continuer si possible à faire l’acteur. C’est un moment heureux de partage. Il faut trouver les bons compagnons."

Marche à l’ombre (1984) avec Michel Blanc

Marche à l'ombre
Marche à l'ombre © Studio Canal
"Marche à l’ombre est un film générationnel. Comme l’ont été Les Valseuses avant et La Vie rêvée des anges après… On pouvait s’autoriser à jouer des personnages aussi libres, parce que l’époque le voulait. On était après 68. On se mettait des turbans dans les cheveux, on savait jouer trois accords de guitare et on n’avait aucun complexe à dire qu’on était musicien. Avec Blanc, c’était formidable. C’était son premier film. Il venait de faire Viens chez moi, j'habite chez une copine. Il m’avait proposé le rôle [de Bernard Giraudeau], mais je ne pouvais pas le faire. Je faisais le film de Lautner avec Miou Miou et Galabru.
Avec Blanc, on se connaissait depuis longtemps. J’ai construit La Veuve Pichard, devenu le Point-Virgule aujourd’hui, avec Martin Lamotte, Roland Giraud et Anémone en même temps que le café-théâtre du Splendid se construisait rue des Lombards. On était dans le même quartier et on allait voler des clous au BHV. J’allais les voir jouer, comme eux venaient nous voir. On a fait un duo très populaire avec Michel. Il y avait beaucoup d’humanité dans ce duo. J’ai toujours cherché ça dans les duos: être le clown blanc de l’Auguste, celui qui peut protéger ou celui qui se fait emmerder, mais qui est aimant."

Les Frères Pétard (1986) avec Jacques Villeret

Les Frères Pétard
Les Frères Pétard © Studio Canal
"C’est un autre film générationnel qui continue de toucher les gens. Aujourd’hui, des mômes qui ont 16 piges m’en parlent! Le titre est magnifique. Et la distribution! Il y avait quand même du lourd. Quand tu as un partenaire comme Villeret, tu deviens bon. C’est pour ça que je suis contre le mot 'meilleur' dans ce métier. Le cinéma, c’est du partage. Il envoie du lourd, Villeret. Il est exact dans tout ce qu’il fait et toi, ça te permet de l’être aussi. Le talent de l’autre fait ton talent. Villeret, c’était un acteur qui ne gambergeait pas. Il avait un volume de jeu assez puissant. Il pouvait faire beaucoup de personnages, mais il n’évoluait pas avec une technique. Il évoluait à l’humeur. Villeret faisait partie de ces acteurs, comme Dubosc dans Camping ou Poelvoorde dans Le Boulet, avec qui on pouvait faire quelque chose [de bien] à partir de scénarios très moyens et très légers, parce qu’il y avait du talent et de la complicité."

Le Boulet (2002) avec Benoît Poelvoorde

Le Boulet
Le Boulet © Warner Bros.
"C’est super d’entendre que Le Boulet est devenu un film culte. J’habite au Maroc et là-bas Moltès [son personnage, NDLR] est quelqu’un d’important. Quand on fait des films, on ne se rend pas compte de l’impact qu’ils peuvent avoir ensuite. Ce n’était pas gagné [pour Le Boulet]. Au départ, Thomas Langmann [le producteur et scénariste du film, NDLR] voulait Patrick Timsit. J’ai beaucoup d’amitié pour Patrick et on fera un film ensemble un de ses quatre, c’est sûr. Mais à l’époque Patrick avait déjà été l’emmerdeur dans pas mal de films [notamment La Crise de Coline Serreau, NDLR]. J’ai dit à Thomas Langmann qu’il n’y avait qu’un mec avec qui je pouvais faire un film comme ça. Comme la qualité d’écriture n’était pas terrible, je me suis dit qu’on pouvait y arriver avec un ouf. Je suis donc aller chercher Benoît Poelvoorde. On a fait un duo ensemble qui a été plutôt efficace." 

Camping (2006) et Pension complète (2015) avec Dubosc

Camping
Camping © Pathé
"Onteniente et Dubosc sont venus m’exposer l’idée de Camping. Dubosc n’avait jamais fait de cinéma [il avait en réalité tenu quelques secondes rôles dans Au secours, j'ai 30 ans! et Iznogoud notamment, NDLR]. Tout le monde me déconseillait de faire le film. Je trouvais intéressant le personnage créé par Dubosc [Patrick Chirac, NDLR]. Je trouvais intéressant d’observer un dingo qui voulait parler de cet univers du camping qu’il avait connu pendant son enfance. Il en a parfaitement traduit l’émotion avec "On n’attend pas Patrick", le ballon, le slip. Dans un duo, je cherche tout ce qui ne me correspond pas.
Avec Dubosc, on a fait ensuite un très mauvais film, Pension complète. C’était un film affairiste. On s’est fait baiser. Il faut l’accepter. On s’en relève. Tu ne passes pas des six millions d’entrées de Camping à 200.000 entrées comme ça. Il faut qu’il y ait tout autour du film de la nullité. Une fois que tu y es, tu es obligé de le jouer. C’est très dur pour la tête. Mais en même temps, par rapport aux drames que les gens vivent dans leur vie, nous on s’en relève. Ce ne sont que des chiffres. Mais ça m’a mis au chomedu trois piges. C’est lié aux entrées [du film]. On a fait Papi Sitter. Si ça marche, on fait la suite. Elle est écrite. Si on fait des entrées, au mois de mai ou de juin, on fait un film. S’il n’y a pas d’entrées, j’attends que quelqu’un dise, 'J’aimerais bien Gérard Lanvin'. Mais il y aura toujours des producteurs pour dire, 'regarde son dernier film a fait 200.000 entrées'."
Jérôme Lachasse