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Comment Kingsman a ringardisé James Bond

Taron Egerton dans "Kingsman: le Cercle d'Or", en salles le 11 octobre 2017

Taron Egerton dans "Kingsman: le Cercle d'Or", en salles le 11 octobre 2017 - Twentieth Century Fox

Le deuxième volet de Kingsman, Le Cercle d'or, sort au cinéma ce mercredi 11 octobre. Comment la franchise bouscule-t-elle les codes du genre?

Sorti en novembre 2015 six mois après le premier Kingsman, Spectre, dernière aventure en date de James Bond, a eu l'effet d'un pétard mouillé. Malgré un Daniel Craig très en forme et un important succès dans les salles obscures, le film reposait sur des clichés remontant aux années 1970 et réveillait le souvenir des pires Bond avec Roger Moore.

Kingsman, au contraire, offrait au public amateur de récits d'espionnage une histoire certaine classique mais truffée de séquences d'action inventives et d'humour irrévérencieux. Deux ans après ce succès surprise, Kingsman est de retour avec Le Cercle d'or, suite qui pousse à son paroxysme l'action et l'humour décomplexés du réalisateur Matthew Vaughn et du scénariste du comic book original Mark Millar.

Un espion en couple

La campagne promotionnelle de Kingsman: Le Cercle d'or joue avec malice de sa distinction avec James Bond. L'affiche française clame ainsi: "l’authentique film d’espionnage". Si les Kingsman affrontent leurs ennemis avec des valises et des parapluies dotés de mitraillettes, les films réalisés par Matthew Vaughn affichent des enjeux bien plus réalistes que les James Bond - ou se permettent d'inclure des scènes que les James Bond n'ont jamais osé en 50 ans de carrière.

Le premier Kingsman s'achève avec une scène typiquement bondienne où l'espion Eggsy couche avec Tilde, une princesse suédoise qu'il a sauvé des griffes de Valentine, le méchant campé par Samuel L. Jackson. Dans Le Cercle d'or, surprise, Tilde revient (ce qui n'arrive jamais dans un Bond) et emménage avec Eggsy. Bien que le film s'égare par moment dans sa manière de mettre en scène cette relation, il les montre au quotidien, dans une relation amoureuse sérieuse et réaliste. Et décrit la difficulté d'avoir une histoire d'amour tout en étant un espion. 

Le Cercle d'or se termine d'ailleurs (SPOILER) par leur mariage. Reste à savoir si les créateurs de Kingsman iront jusqu'à montrer l'espion devenir père. James Bond, qui perd son épouse Teresa (Diana Rigg) dans Au Service secret de sa majesté, n'a pas encore connu les joies de la paternité.

Des scènes d'action plus dynamiques que dans les Bond

Kingsman est la seconde franchise, après Jason Bourne, à empiéter sur les plates-bandes de James Bond. Là où le réalisme et la brutalité des films avec Matt Damon a poussé les producteurs de Bond à changer leur fusil d'épaule en engageant le très musculeux Daniel Craig, le succès de Kingsman pourrait également leur donner des idées. Les scènes d'action, filmées comme des combats de kung fu et rythmés par de la pop music (Elton John, Prince), pourrait les inciter à revoir la rigueur des James Bond. Certains combats, réalisés en plan-séquence, sont d'ailleurs beaucoup plus impressionnants que la plupart des scènes d'action de la saga inspirée d'Ian Flemming.

A travers le personnage d'Eggsy, un jeune homme issu des quartiers pauvres de Londres, et des Kingsman, ces agents secrets dont la couverture est un tailleur, les films de Matthew Vaughn se moquent du classicisme des James Bond. Dans le premier film, Harry Hart/Colin Firth expliquait à Valentine/Samuel L. Jackson qu'il rêvait enfant de devenir un "mégalomane haut en couleur". Son souhait s'est exaucé. Dans Kingsman, l'agent secret est aussi fou que les méchants. 

Jérôme Lachasse