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Comment Aladdin est devenu le succès surprise de l’été 2019

Will Smith et Mena Massoud, le Génie et Aladdin

Will Smith et Mena Massoud, le Génie et Aladdin - Capture d'écran YouTube - Disney FR

Cible des critiques avant même sa sortie, le remake du célèbre dessin animé de Disney a tiré son épingle au box-office, malgré un été très concurrentiel. Rencontre avec son producteur Dan Lin à l'occasion de la sortie du film en vidéo.

Sorti le 22 mai en plein festival de Cannes et précédé d’échos négatifs, le remake du célèbre dessin de Disney Aladdin n’a pas été le flop annoncé.

Malgré les succès mondiaux du Roi Lion, de Spider-Man Far From Home, de Fast and Furious: Hobbs & Shaw ou encore de Toy Story 4, le long-métrage réalisé par Guy Ritchie s’est maintenu à l’affiche tout l’été et compte désormais parmi la demi-douzaine de films à avoir dépassé le milliard de recettes au box-office mondial cette année.

Pas mal pour un projet qui avait notamment la lourde tâche de faire oublier l’inoubliable prestation de Robin Williams en génie dans le classique des années 1990. Rencontre avec le producteur Dan Lin, chef d’orchestre de cet Aladdin version 2019. Il explique pourquoi il a choisi Guy Ritchie et les raisons de ce succès, qui a été un soulagement pour Disney. 

En quoi consiste votre rôle de producteur sur un projet d’une telle envergure? 

Mon rôle est d’accompagner le film du début jusqu’à la fin, de l’idée originale avec mon partenaire Jonathan Eirich à la supervision de la production et de la post-production, en passant par le choix des scénaristes, du réalisateur et du casting. Tout commence et se termine avec moi. Nous avons travaillé pendant quatre ans [sur Aladdin]. C’est un long processus, mais, croyez-moi, c’est plutôt rapide en réalité pour un tel film. Nous avons passé beaucoup de temps pour arriver à une version du scénario qui nous convienne, parce que nous voulions développer les personnages de Jasmine et de Jafar, leur apporter davantage de profondeur. Il nous a fallu aussi trouver le casting idéal. Le tournage a ensuite duré six mois. Et les effets spéciaux une année. Nous avons dû aussi écrire de nouvelles chansons. Alan Menken et Pasek & Paul ont dû en écrire huit avant que l’on trouve la bonne. 

Pourquoi Guy Ritchie, connu pour ses polars londoniens, était-il le réalisateur idéal pour Aladdin?

Je savais qu’il apporterait quelque chose de nouveau. Nous ne voulions pas faire un simple remake d’Aladdin, mais une mise à jour pour notre époque. Guy a une vraie sensibilité moderne. Comme j’avais déjà travaillé avec lui avant [sur Sherlock Holmes, NDLR], je savais qu’il était prêt pour réaliser un film pour ses enfants. Il m’est arrivé la même chose avec La Grande Aventure Lego: ma femme m’a défié de faire enfin un film que mes enfants pourraient voir. Guy a des enfants très jeunes, qui sont fans du film d’origine. Je sais que c’est une histoire qui lui tient à cœur. Notre Aladdin est aussi une comédie musicale et les gens oublient que Guy Ritchie a commencé en réalisant des clips. Il a une expertise en la matière. Bien que ce ne soit pas un thriller - sa spécialité -, c’est d’une certaine manière la même méthode: à la place des scènes d’action, il y a juste des numéros musicaux! 

Aladin est un des rares films cette année à avoir dépassé le milliard de recettes au box-office. Comment expliquez-vous ce succès?

Les gens n’avaient jamais vu un film de cette ampleur avec un casting aussi divers. La musique, très positive, a vraiment résonné, touché les gens à travers le monde. Notamment le titre Speechless, avec son message enjoignant à se prendre en charge, à ne pas se laisser abattre, à être fidèle à ses convictions. En cette époque où il y a beaucoup de négativités, ce film propose aux gens de s’unir. Il parle de problèmes qui les concernent. C’est un film très positif, qui agit comme un remède aux horreurs et aux conflits du monde.

Le film a été beaucoup critiqué avant sa sortie. Qu'avez-vous ressenti lorsqu'il a finalement rencontré le succès?

C’était un soulagement, pour être honnête. Il y avait beaucoup de négativité. C’était très dur. Nous avons fait un film dont nous sommes fiers et nous l’avions testé auprès de quelques spectateurs, qui l’avaient adoré. Mais, lors du premier week-end d’exploitation, en voyant les réactions très négatives à l’encontre de Will Smith et du génie, nous avions l’impression que les gens voulaient juste détruire tout ce que nous avions voulu accomplir. Nous avons pris de gros risques avec son interprétation du génie. Ces réactions nous ont fait douter. Beaucoup nous ont jugés sans regarder le film, en se fondant uniquement sur les publicités. Nous sommes très heureux du succès qu’Aladdin a obtenu. Il s’est maintenu à l’affiche plus longtemps que n’importe quel autre de mes films. Les gens sont allés le voir et le revoir. Beaucoup de gens m’ont envoyé des lettres ou m'ont téléphoné pour me dire qu’ils l’avaient vu plusieurs fois au cinéma. Aladdin a saisi l’air du temps alors que l’été était très compétitif.

Jérôme Lachasse