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César: pour Hazanavicius, "les membres de l'académie ne sont pas représentés de manière démocratique"

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Le réalisateur est revenu ce mardi sur le plateau de BFMTV sur la crise qui agite les César et le besoin de plus de démocratie dans leur fonctionnement.

La crise fait rage aux César, déjà affaiblis par la polémique Polanski. Ce mardi matin, 200 personnalités du cinéma ont dénoncé l'opacité et le manque de démocratie au sein de l'Académie, dont ils réclament une réforme profonde dans une tribune publiée dans le Monde

L'Académie, appelant à un "apaisement" pour ne pas mettre en péril le "bon déroulement de la cérémonie des César" le 28 février prochain, a dû demander en urgence une médiation au CNC

Le réalisateur Michel Hazanavicius, qui fait partie des signataires de cette tribune, évoque ce mardi soir sur le plateau de BFMTV, les "dysfonctionnements" à l'origine de la grogne et appelle à ne pas "tout mélanger". 

Les César "c'est la vitrine du cinéma français"

"Il y a eu une soirée pour les révélations, où il y a eu des dysfonctionnements qui sont apparus, notamment des choix de marraines qui n'ont pas été validés. Des prises de décision un peu incompréhensibles", rappelle le cinéaste. "Cela a révélé un mode de fonctionnement qui n'est pas très démocratique. L'idée est de dire 'alignons-nous sur les autres académies des autres pays et ayons le même type de fonctionnement'. Et non pas un fonctionnement qui est hérité d'une association créée en 1976 par Georges Cravenne". 

"Il y a 4.700 membres de cette académie, qui votent, qui paient, qui cotisent pour voter et qui ne sont pas représentés de manière démocratique. Ils n'ont pas voix au chapitre pour tout l'ensemble des décisions qui sont prises concernant les César. Ça peut paraître anecdotique, mais c'est la vitrine du cinéma français", ajoute-t-il. 

Interrogé sur l'affaire Polanski, sur #metoo et sur la promesse du président de l'académie des César, Alain Terzian, dimanche, d'arriver à la parité, Michel Hazanavicus prévient: "Il faut faire très attention à ne pas tout mélanger". 

"On peut se poser la question de pourquoi J'accuse a autant de votes et peut-être qu'il faut remettre de la parité dans les votants", souligne-t-il, expliquant cependant que la tribune du Monde est, elle, "structurelle au mode de fonctionnement des César. Là, on parle de quelque chose [l'affaire Polanski] qui dépasse les César et le cinéma. On parle de l'impunité de gens qui sont accusés de viol, on parle de respect de la parole des victimes."
Magali Rangin