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César: Pourquoi Polanski figure-t-il dans la nouvelle assemblée générale?

Le cinéaste Roman Polanski lors de l'avant-première du film "J'accuse", le 4 novembre 2019 à Paris

Le cinéaste Roman Polanski lors de l'avant-première du film "J'accuse", le 4 novembre 2019 à Paris - Thomas SAMSON © 2019 AFP

La présence de Roman Polanski dans la nouvelle assemblée générale de l'Académie des César, six mois après la polémique, suscite l'indignation de certaines stars du 7e Art.

Le cinéaste Roman Polanski, qui avait renoncé à se rendre à la dernière cérémonie des César sous la pression de féministes après de nouvelles accusations de viol, figure d'office parmi les 182 représentants de la nouvelle assemblée générale de l'académie des arts et techniques du cinéma.

Le 29 septembre, cette nouvelle assemblée, dont les membres ont été désignés lundi soir, élira pour un mandat de deux ans, renouvelable une fois, le nouveau conseil d'administration de l'association des César. Elle élira également un tandem femme/homme pour la présidence.

Grave crise des César

Ces derniers mois, les César ont été secoués par une grave crise: plusieurs de ses membres et de personnalités du cinéma reprochent un fonctionnement jugé opaque, une forme d'entre-soi et surtout un déficit de parité. Cette crise avait connu un point d'orgue lors de la cérémonie des César, le 28 février, avec le départ fracassant d'Adèle Haenel, qui dénonçait le prix du meilleur réalisateur décerné à Roman Polanski (pour J'accuse).

Quelques jours avant cette cérémonie, le conseil d'administration, présidé depuis 2003 par le producteur Alain Terzian, avait démissionné en bloc. Dans le cadre d'une médiation sous l'égide du Centre national du cinéma (CNC), une présidente par intérim, la productrice Margaret Menegoz, avait été nommée et une assemblée générale extraordinaire avait entamé une réforme.

C'est dans ce cadre que les nouveaux représentants de l'assemblée générale ont été élus lundi par les 4.313 membres de l'académie des César (acteurs, réalisateurs, producteurs, techniciens...).

L'appel d'Andréa Bescond et Eric Métayer

En tant que "membres historiques", Roman Polanski et le producteur Thomas Langmann, condamné en 2019 pour harcèlement envers sa femme, ont été admis d'office après en avoir fait la demande. Alain Terzian, critiqué par les frondeurs pour sa gestion de l'ancienne Académie des Césars, fait lui aussi partie de la nouvelle assemblée générale en tant que membre historique.

"Les statuts actuels ont été simplement appliqués", a indiqué à l'AFP Margaret Menegoz. A propos de Roman Polanski, la présidente par intérim des César n'a pas commenté, rappelant simplement qu'à titre personnel, "elle a toujours séparé l'oeuvre de la personne".

Mardi, le comédien Eric Métayer, parmi les nouveaux représentants élus de l'assemblée générale, a publié sur Twitter un message vidéo désapprouvant sans les nommer la désignation de certains membres, et souhaitant que "ceux qui n'ont rien à y faire, s'en aillent". Il réclame également que tous les membres soient désormais élus.

Andréa Bescond, sa compagne avec qui il a réalisé Les Chatouilles, un film dénonçant les agressions sur mineurs, a plussoyé sur Instagram: "Nous demandons qu'uniquement les personnes présentes aux votes soient nommées. Vous voulez un renouveau, les membres historiques n'ont pas à rester dans cette nouvelle énergie. C'est une mascarade à laquelle nous ne pouvons participer. Merci de réagir, de changer ces vieux statuts, à défaut, ce sera sans nous."

J.L. avec AFP avec AFP