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Vingt ans de réclusion requis contre l'homme accusé de viols en série en forêt de Sénart

La forêt de Sénart.

La forêt de Sénart. - fred7491

L'avocat général a demandé aux jurés de la cour d'assises d'appel de Paris d'assortir cette peine d'une période de sûreté des deux-tiers.

Le parquet général a requis ce mercredi vingt ans de réclusion contre l'homme accusé de viols et agressions sexuelles en série en forêt de Sénart (Essonne) entre 1995 et 2000, s'appuyant sur "la preuve incontestable" que constitue l'ADN retrouvé sur la moitié des victimes.

L'avocat général a demandé aux jurés de la cour d'assises d'appel de Paris d'assortir cette peine d'une période de sûreté des deux-tiers.

Les images crues de certaines femmes, parfois sexagénaires ou même septuagénaires au moment des agressions, le visage bouffi par les coups de poing, la bouche ensanglantée ou les dents cassées ont été projetées durant les réquisitions, incarnant la violence "animale" du criminel, selon les mots d'une victime.

"Totalement étranger à cette histoire"

En octobre 2020, Aïssa Zerouati avait été condamné à vingt ans de réclusion pour plus d'une trentaine de viols, tentatives de viol et agressions sexuelles aggravées. Il avait fait appel.

Tout au long des trois semaines de ce second procès, le père de famille quadragénaire s'est dit "totalement étranger à cette histoire" et ce, même s'il "ne s'explique pas" la découverte de son ADN (sperme et sang) sur 16 des 34 victimes.

Pour plaider son innocence, l'accusé a convoqué une "preuve plus pertinente que l'ADN": la taille du sexe du violeur, décrit par une partie des victimes comme "petit", alors qu'un récent examen a révélé que son pénis mesure 13 centimètres au repos.

Un même mode opératoire

En première instance, Marc Mulet, qui représentait déjà le ministère public, avait promis de requérir l'acquittement si le résultat de cet examen anatomique contredisait les témoignages.

Mais en appel, il a argué que les appréciations de la taille du sexe du violeur étaient subjectives, surtout sous l'effet du stress.

Outre les femmes sur lesquelles de l'ADN a été retrouvé, les enquêteurs ont imputé 18 autres victimes à Aïssa Zerouati, en s'appuyant sur le témoignages des plaignantes ayant permis d'identifier le même individu, à l'apparence physique et au mode opératoire similaires.

Le verdict attendu jeudi

Cet homme, plutôt petit, toujours coiffé d'un casque intégral de moto, simulait une panne de son deux roues puis agressait ces joggeuses et promeneuses très violemment lorsqu'elles le dépassaient sur les sentiers de cette vaste forêt à 25 km au sud-est de Paris.

Une fois maîtrisées à coups de poing, il exigeait de ses victimes - certaines particulièrement vulnérables car âgées ou enceintes - fellation ou masturbation ou les violait, parfois sous la menace d'une arme. Le verdict est attendu jeudi.

F.B. avec AFP