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Viols en forêt de Sénart: comment le suspect a-t-il été retrouvé, 15 ans après?

Des échantillons d'ADN à l'Institut génétique de Nantes-Atlantiques. (photo d'illustration)

Des échantillons d'ADN à l'Institut génétique de Nantes-Atlantiques. (photo d'illustration) - Georges Gobet - AFP

Pour identifier et interpeller l'homme suspecté d'être l'auteur de 33 viols et tentatives de viols commis entre 1995 et 2000 dans la forêt de Sénart, les enquêteurs ont eu recours à l'ADN d'un membre de sa famille.

Les faits remontent à plus de 15 ans. Un homme soupçonné d'une trentaine de viols ou tentatives de viols commis dans la forêt de Sénart, dans l'Essonne, entre 1995 et 2000 a été mis en examen ce mercredi. L'enquête a piétiné pendant de longues années, mais le suspect a finalement été confondu par son ADN. Explications.

Comparaison d'ADN 

C'est en comparant l'ADN retrouvé sur des victimes avec ceux enregistrés au Fnaeg, le Fichier national automatisé des empreintes génétiques, que les enquêteurs sont remontés jusqu'au suspect. Le profil génétique du violeur n’était pas enregistré, mais grâce aux progrès techniques, une correspondance ADN a pu être établie avec l'un des frères du suspect, inscrit au fichier. 

Les enquêteurs ont alors remonté la trace de ce fameux frère. Mais lorsqu'ils sont arrivés en octobre au domicile familial, à Corbeil-Essonnes, l'homme aujourd'hui mis en examen était en fuite. Ce suspect a finalement été interpellé lundi à Roubaix, alors qu'il revenait d'Algérie. 

Méthode des parentèles

La méthode utilisée pour retrouver le suspect, dite "des parentèles", consiste à comparer l'ADN retrouvé sur une scène de crime avec des ADN proches, présents dans le fichier des empreintes génétiques.

"Lorsque nous analysons une tache de sang ou de sperme, quel que soit l'âge de son dépôt, nous extrayons l'ADN de ces cellules, et nous les transmettons dans une base de données, pour faire des rapprochements avec les possibles familles", explique sur BFMTV le professeur Christian Doutremepuich, biologiste spécialisé en empreinte génétique. "C'est une technique difficile, qui nécessite des profils ADN très importants et bien complets, mais qui a donné quelques succès". 

Cette technique avait été utilisée une première fois dans l'enquête autour de la mort d'Elodie Kulik, une directrice d'agence bancaire violée et assassinée en 2002. Un homme avait été désigné en 2012, dix ans après les faits, grâce à de l'ADN retrouvé sur un mégot et un préservatif près du corps calciné de la victime, à quelques kilomètres de Péronne (Somme). Cet homme était mort quelques années plus tôt dans un accident de voiture au moment de son identification.

Adrienne Sigel