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#saccageparis: "une petite poignée" de manifestants réunie sur le parvis de l'Hôtel de ville

La manifestation #saccageparis, ce dimanche 26 juin, devant l'Hôtel de ville

La manifestation #saccageparis, ce dimanche 26 juin, devant l'Hôtel de ville - BFM Paris Île-de-France

Le mot dièse, né au printemps 2021, est toujours relayé par des internautes, qui dénoncent "l'enlaidissement" et "l'insalubrité" de la capitale. La faible affluence déçoit cependant certains d'entre eux.

Impossible de passer à côté depuis le printemps 2021. Le mot dièse #saccageparis a envahi les réseaux sociaux, au point de devenir le 8e hashtag le plus utilisé en France cette année-là. Encore aujourd'hui, les tweets illustrés de photos conspuant "l'enlaidissement" et "l'insalubrité" des rues de la capitale fleurissent quotidiennement via des profils plus ou moins anonymes.

Dimanche, l'association "Union parisienne" a appelé les détracteurs d'Anne Hidalgo, l'édile de Paris, à se réunir sous les fenêtres de l'Hôtel de ville. Une troisième manifestation avec un objectif clair: donner du corps à une colère essentiellement numérique jusqu'ici.

Réussite ou échec? La réponse varie selon si l'on considère le verre à moitié rempli ou à moitié vide. Environ 200 personnes, selon les chiffres compilés par les forces de l'ordre, ont manifesté dans le calme à partir de 15 heures, pancartes brandies vers le ciel ou mises en évidence sur des grilles.

"On ne peut plus circuler"

"Paris est une poubelle" et "Terrasses éphémères, c'est l'enfer" pouvait-on lire dans ce florilège, entre autres messages fustigeant la dette accumulée par la mairie. Autant de dénonciations également martelées à voix haute par des prises de parole.

Tamy, cadre de la finance de 52 ans, porte d'épaisses lunettes noires, un masque et une casquette. Voilà une vingtaine d'années qu'il vit dans le 20e arrondissement de la capitale.

"Avant, on respectait les piétons, jure-t-il au micro de BFM Paris Île-de-France. Il y avait moins de vélos. On pouvait circuler dans Paris. Maintenant, on ne peut plus circuler."

Comme lui, bon nombre de manifestants croisés sur le parvis de l'Hôtel de ville ont plus de 50 ans et exercent dans des catégories socioprofessionnelles supérieures.

"Nous ne sommes pas des fachos"

Didier, par exemple, est gérant d'une société. Âgé de 57 ans, il vit dans le quartier de la Porte de Saint-Cloud, dans le très cossu 16e arrondissement. Lassé par la situation, il peine à trouver ses mots: "Même sans les crottes de chiens, les trottoirs c'est sale, c'est très sale. C'est insupportable".

Claire-Amélie, co-organisatrice de la manifestation et membre fondatrice d'"Union parisienne", tient à tordre le cou aux accusations dont font parfois objet les internautes rassemblés sous la bannière #saccageparis.

"Nous ne sommes pas des fachos, plaide l'intéressée dans les colonnes du Parisien. Nous regroupons plusieurs collectifs de tous les arrondissements qui dénoncent les terrasses éphémères, le crack, le mauvais entretien de la végétalisation, la bétonisation, l’insalubrité. Tout n’est pas de la responsabilité d’Anne Hidalgo, mais il y a un laisser-aller général et tous les acteurs —gouvernement, région et mairie de Paris— se renvoient les patates chaudes."

"Nous étions une petite poignée"

Dans les rangs des protestataires, on trouve plusieurs élus ou sympathisants Les Républicains, à l'image de Rudolph Granier, conseiller du 18e arrondissement, ou Jean-Pierre Lecoq, maire du 6e arrondissement. Si ces derniers se satisfont de l'affluence, ce n'est pas le cas de tous.

"Rien ne sert de râler si personne ne vient, se désespère un internaute. Nous étions simplement une petite poignée à manifester ce dimanche... parqués sur un bout de trottoir. Désespérant."

Signe d'une volonté de se saisir des critiques et d'apaiser les tensions, la mairie a publié la semaine passée un "Manifeste de la beauté", sorte de guide de l'aménagement urbain destiné aux services municipaux ainsi qu'aux prestataires.

S'agissant des promoteurs de #saccageparis, "ils nous ont aiguillonnés plus qu’inspirés, relativise Emmanuel Grégoire, le Premier adjoint d'Anne Hidalgo, auprès du Parisien. Je l’ai déjà dit: nous partageons avec eux certains agacements sur des dysfonctionnements. Cela nous a stimulés pour aller plus vite".

Quelque soit l'affluence, la manifestation de dimanche semble indiquer que les promesses de changement de la Ville n'ont pas totalement convaincu.

Chloé Berthod et Agathe Coutelle avec Florian Bouhot