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Paris: les équipes de nettoyage de la fac de Jussieu en grève depuis une semaine

L'université de Jussieu, à Paris. (Photo d'illustration)

L'université de Jussieu, à Paris. (Photo d'illustration) - AFP

Ils protestent contre leurs conditions de travail et d'emploi par un sous-traitant. Plusieurs élus LFI sont venus soutenir les grévistes.

Environ 200 personnes se sont rassemblées ce mardi sur le campus Jussieu à Paris, où les agents d'entretien sont en grève depuis une semaine pour protester contre leurs conditions de travail et d'emploi par un sous-traitant, a constaté une journaliste de l'AFP.

"Stop charge de travail", "Stop travail sans contrat", pouvait-on lire sur des panneaux brandis par des salariés, au huitième jour de leur mouvement de grève.

Certains ont scandé le nom de l'entreprise Arc En Ciel, qui emploie environ 130 salariés, selon la CGT, sur le campus Pierre-et-Marie-Curie (Jussieu). Sorbonne Université sous-traite à la société le nettoyage de ce site depuis le 1er février.

Modifications des horaires de travail

Les employés protestent contre les modifications de leurs horaires de travail et d'affectation.

"Des méthodes brutales sont employées par (un) nouveau responsable d'Arc En Ciel pour faire signer sur le champ des avenants au contrat de travail imposant des changements d'horaires incompatibles avec les obligations familiales et professionnelles des salariés", accuse la CGT FERC Sup Sorbonne Université dans un communiqué.

Les agents d'entretien grévistes affirment subir une forte pression, une surcharge de travail et réclament le paiement, pour l'ensemble des salariés concernés, de "1.079 heures" supplémentaires non payées, selon la CGT.

"On m'a changé de poste de travail, avec une surface plus importante", raconte Mustapha, 46 ans, qui travaille depuis 12 ans sur le site. "Tu n'as même pas cinq minutes pour respirer".

Même colère chez une de ses collègues. "Mon contrat était de 11h-18h. On m'a proposé du 6h-13h ou du 13 h-20h, j'ai refusé", s'indigne cette femme de ménage de 42 ans. Et d'ajouter: le responsable "nous crie dessus, on n'est pas respectés. On n'a pas de matériel, pas de chariot..."

Des élus en soutien

Plusieurs élus LFI étaient venus soutenir les grévistes, parmi lesquels la conseillère de Paris Danielle Simonnet. "Ces agents de nettoyage devraient être embauchés par la fac de Jussieu, qui préfère sous-traiter et passer par le moins-disant social, c'est-à-dire l'entreprise qui va casser le plus les prix", s'insurge-t-elle.

Sorbonne Université assure dans un communiqué qu'elle "ne saurait accepter des pratiques non conformes au droit du travail" et indique avoir "demandé à la société Arc En Ciel des informations écrites sur les graves accusations portées".

L'université affirme aussi "encourager la tenue de négociations" entre les représentants des salariés et Arc En Ciel. Contactée par l'AFP, la direction du sous-traitant n'a pas souhaité s'exprimer.

A.F avec AFP