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Transdev: rassemblement de salariés à Saint-Ouen contre la dégradation des conditions de travail

Transdev.

Transdev. - Eric Piermont - AFP

En grève depuis deux semaines, les salariés manifestent contre la dégradation des conditions de travail sur des lignes de bus opérées par Transdev.

Une centaine de personnes ont manifesté ce mardi devant le siège du conseil régional d'Île-de-France à Saint-Ouen contre la dégradation des conditions de travail sur des lignes de bus opérées par Transdev, après la mise en oeuvre d'un nouveau contrat dans le cadre de l'ouverture à la concurrence, a constaté une journaliste de l'AFP.

"On est là pour les conditions de travail, pour dire non à la concurrence", a déclaré une syndicaliste de Transdev devant les manifestants, dont des grévistes Transdev de Seine-et-Marne, des agents RATP, des cheminots de la SNCF, des militants Solidaires, SUD-Rail, Unsa, CGT et CFDT.

En grève depuis deux semaines

En grève depuis deux semaines, les salariés de Transdev de la région de Melun dénoncent aussi des pertes de rémunération. Ils protestent contre un "accord socle" lié au nouveau contrat de transport par autobus conclu entre leur entreprise et la région Île-de-France à l'issue d'un appel d'offres remporté par Transdev dans le cadre de l'ouverture à la concurrence du réseau Optile (bus de moyenne et grande couronne), effective cette année.

Mardi, près d'un conducteur sur deux était en grève: 46% dans le secteur de Sénart, 45% dans celui de Melun, 57% à Vulaines, selon la direction de Transdev.

Pour Ile-de-France Mobilités (IDFM), l'autorité organisatrice des transports en commun de la région parisienne, "la situation n'est pas acceptable pour les usagers et ne peut pas durer". "Le dialogue social doit s'intensifier" pour "trouver des solutions" et "Transdev doit dédommager les usagers", a souhaité IDFM.

"Un allongement du temps de travail"

Salariée chez Transdev "depuis 18 ans", actuellement hôtesse d'accueil, Patricia a expliqué à l'AFP que "tous les salariés sont impactés par l'accord socle", qu'elle juge "totalement en désavantage" pour le personnel.

Auparavant, "on était à 39 heures payées 39 et on avait 22 jours de RTT. Maintenant, on est à 37 heures payées 37 et on nous a retiré 11 jours de RTT", ajoute la salariée de 48 ans. Autre perte pour les salariés, les chèques vacances sont passés "de 750 euros par an à 250 euros".

Freddy, conducteur de bus "depuis 15 ans dans le groupe", déplore un "allongement du temps de travail passé au volant", tandis que celui alloué aux "prises de service" (notamment pour vérifier le véhicule) a été réduit, passant "de 20 minutes à 10 minutes". "Dès la prise de service, on est sous tension", critique-t-il.

"Avant, quand j'avais un service de 7 heures, je travaillais deux heures de plus, ça me faisait deux heures supplémentaires. Maintenant, avec des semaines de 42, 43, 45 heures, je n'ai plus envie de travailler plus. Tout a été fait pour geler nos salaires", accuse le salarié de 42 ans, qui craint de "ne plus pouvoir partir en vacances".

"Réellement, j'aime mon métier" mais "pour la première fois depuis 15 ans, je pense à une reconversion", confie-t-il.

A.F avec AFP