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Le gouvernement crée une "cellule de coordination" sur les camps de migrants en Ile-de-France

Le camp de migrants sous l'A1 à Saint-Denis, le 16 septembre 2020, la veille de son évacuation

Le camp de migrants sous l'A1 à Saint-Denis, le 16 septembre 2020, la veille de son évacuation - Christophe ARCHAMBAULT © 2019 AFP

Selon le gouvernement, la cellule visera à mieux gérer les évacuations de camps de migrants dans la région mais également à prévenir leur formation.

Trois jours après l'évacuation musclée de tentes place de la République, dont les images ont choqué jusqu'au ministre de l'Intérieur, les ministres de la Citoyenneté Marlène Schiappa et du Logement Emmanuelle Wargon ont annoncé lors d'une réunion avec les acteurs associatifs "la création d'une cellule de coordination" autour du préfet de la région Ile-de-France, chargée "à la fois de gérer l'urgence et de travailler sur la fluidité des parcours", a appris l'AFP auprès du cabinet de Marlène Schiappa

Il s'agira de mieux gérer les évacuations de ces campements, récurrents depuis 2015, "mais aussi de prévenir leur formation", explique à l'AFP Aurélie Radisson, responsable au sein du Secours Catholique du Cèdre (Centre d'entraide pour demandeurs d'asile et réfugiés), présente lors de la réunion. 

Selon elle, les deux ministres ont "déploré" les conditions violentes dans lesquelles s'est produite l'évacuation de la place de la République, représentatives selon Aurélie Radisson "des violences quotidiennes qui sont faites aux personnes migrantes de Calais à la frontière franco-italienne".

Des places débloquées, mais un effort insuffisant aux yeux des associations

Dans un communiqué commun, Marlène Schiappa et Emmanuelle Wargon ont également annoncé que 394 places d'hébergement avaient été débloquées "depuis mardi 24 suite à l'évacuation de la place de la République", où des centaines d'exilés étaient venus réclamer à leur tour un hébergement d'urgence après être restés à la rue lors d'une vaste opération de mise à l'abri la semaine précédente à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis).

"Plusieurs centaines d'hébergement d'urgence supplémentaires ont ainsi été mobilisés depuis mardi par les services de l’État", notamment sur des "structures hôtelières qui étaient inoccupées, en raison de la crise sanitaire".

Pour les associations, toutefois, cet effort reste insuffisant. Selon l'association Utopia56, qui avait organisé lundi le montage du camp place de la République, ce sont "1000 places d'hébergement qui sont nécessaires sans délai".

"Si ce n'est pas le cas", a prévenu Utopia56 dans un communiqué commun avec l'association Enfants d'Afghanistan et d'ailleurs, "nous serons à nouveau présents dès samedi soir dans un lieu symbolique de Paris avec ceux que les pouvoirs publics abandonnent à la rue".

La mairie de Paris avait par ailleurs proposé une mise à disposition du Parc des expositions, porte de Versailles (15e arrondissement) et de l'espace Champerret (17e) pour accueillir les migrants. Deux sites désertés en temps de Covid-19, "qui sont très grands et qui permettraient de créer des centaines de places d'hébergement", avait expliqué Ian Brossat à BFM Paris jeudi soir. La préfecture a décliné cette offre.

Juliette Mitoyen avec AFP Journaliste BFM Régions