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Ile-de-France: comment la RATP tente de faire revenir les usagers dans les transports

Les Franciliens désertent toujours les transports en commun. Alors que le trou financier d'Ile-de-France Mobilités n'est toujours pas comblé, la RATP veut encourager les usagers à revenir.

C'est une opération séduction que mène actuellement la RATP. Alors que les vacances sont terminées, les Franciliens ont repris le chemin du travail, mais pas forcément en transports en commun. D’après les chiffres de la régie parisienne, si l’intégralité du service est garanti, la fréquentation des rames de métro, de RER ou de tramway reste inférieure de 40% à celle enregistrée à la même période en 2019.

Pour tenter de faire revenir les voyageurs sur son réseau, la RATP a ainsi organisé mercredi une distribution gratuite de bouteilles de gel hydroalcoolique dans certaines de ses stations de métro. Une opération qui se poursuit se jeudi, et qui vise à rassurer les usagers.

Un nettoyage renforcé

La RATP explique également redoubler d'efforts pour garantir la propreté de ses transports en commun. Chaque nuit, 600 personnes sont ainsi mobilisées pour désinfecter bus, RER, métros et tramways grâce à la méthode de la nébulisation, qui projette des virucides par micro-goutelettes.

"Ça prend trois à quatre minutes par véhicule et il faut ensuite le laisser reposer pendant une heure afin que le produit soit totalement efficace pour toute la journée", explique au micro de BFM Paris Philippe Martin, directeur adjoint en charge de la maintenance a la RATP.

L'opération séduction de la régie des transports en commun parisien passe également par l'augmentation du nombre d'agents chargés d'assurer la propreté des stations. Ils sont désormais 1800 sur les réseau RATP, soit 600 personnes de plus qu'avant la crise du coronavirus.

"Il faut revenir!"

La présidente de la région Ile-de-France Valérie Pécresse était elle aussi mobilisée mercredi pour encourager les Franciliens à emprunter les transports en commun. Lors d'une visite de dépôt de bus l'élue, présidente d'Ile-de-France Mobilités, a assuré qu'avec "la nébulisation, le nettoyage à la main, les gels, le port du masque obligatoire, on est à des niveaux de protection du meilleur standard international".

En début de semaine, Valérie Pécresse a par ailleurs promis que le pass Navigo n'augmenterait pas en septembre, malgré le trou financier de 2,6 milliards d'euros que l'épidémie de Covid-19 a creusé dans les caisses d'Ile-de-France Mobilités. La présidente de région espère ainsi que le plan de relance présenté par le gouvernement ce jeudi propose des mesures pour les transports du quotidien "qu'il faut sauver".

Faire revenir les usagers dans les transports est devenu une question primordiale pour la régie parisienne et les investissement à venir.

"Il faut revenir! C'est presque un combat national", insiste sur BFM Paris Catherine Guillouard, présidente de la RATP.

"Ca veut dire non seulement que l'économie repart mais ça permet aussi de garder tous ces investissements de la filière française. Si on devait encaisser une baisse de trafic de 20%, un jour, Valérie [Pécresse] se tournera vers moi et me demandera de revoir l'offre, on aura des sujets de fond à traiter", poursuit la patronne de la RATP.

Les transports en commun délaissés, les vélos prisés

Les mesures prises par la RATP suffiront-elles à faire revenir les Franciliens dans les transports et à éviter que cette baisse des recettes ne se prolonge dans la durée? Les habitants de la région, notamment ceux de la capitale, semblent de plus en plus se tourner vers d'autres modes de déplacements.

Selon les chiffres de la mairie de Paris, en juillet dernier la ville a vu défiler deux fois plus de cyclistes qu'au cours du même mois en 2019.

Juliette Mitoyen Journaliste BFM Régions