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Crack à Paris: les toxicomanes déplacés vers la porte de la Villette

Un important dispositif policier a été déployé ce vendredi dans le nord-est parisien.

Un important dispositif policier a été déployé ce vendredi dans le nord-est parisien. - BFMTV

La préfecture a lancé ce vendredi une opération d'évacuation des toxicomanes installés dans les secteurs des jardins d'Éole et de Stalingrad. Ils ont été déplacés vers la porte de la Villette.

Une évacuation des toxicomanes a eu lieu ce vendredi matin dans le nord-est parisien. Dans un communiqué, la préfecture de police de Paris a annoncé avoir lancé ce vendredi, à la demande du ministre de l'Intérieur, une évacuation des secteurs des Jardins d'Eole et de Stalingrad. En tout 128 personnes ont été évacuées dans huit bus. Les consommateurs de crack, très présents dans le secteur, ont été réorientés vers un autre lieu.

"Une opération a lieu, visant à regrouper ces personnes aux abords de la place Auguste Baron, porte de la Villette, dans un secteur sans riverains aux abords immédiats", précise la préfecture.

Dans le cadre de ce regroupement place Baron, la préfecture a réquisitionné les services de la ville de Paris pour que soient mis en place un accès à l'eau et aux sanitaires à cet endroit. La préfecture indique que cette solution est "temporaire".

"Le combat contre la drogue est un combat quotidien et j'ai entendu la colère des riverains (...). La préfecture de police est la disposition de la mairie de Paris pour l'accompagner dans ses décisions futures en lien avec l'intérêt général", a tweeté le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin.

Au micro de BFMTV, Emmanuel Grégoire, premier adjoint à la Mairie de Paris chargé de l'urbanisme, a annoncé vouloir trouver "une solution pérenne" afin d'éviter la reconstitution d'une nouvelle "colline du crack" dans la capitale.

Passes d'armes entre mairie et préfecture

Cette semaine, la mairie et la préfecture de police se sont à nouveau livré à une nouvelle passe d'armes sur le sujet de la présence de toxicomanes dans le quartier de Stalingrad. Sur RMC-BFMTV ce mardi, Anne Hidalgo avait reproché au préfet de ne pas jouer "son rôle".

"Je pense à la rue Riquet où il y a un énorme espace de deal, un marché de la drogue et du crack aux yeux de tout le monde avec un préfet de police qui regarde, et qui n'intervient pas", avait-elle déclaré.

Dans la journée, la préfecture avait répliqué dans un communiqué, dénonçant l'action de la mairie de Paris qui avait décidé "seule" de "fermer aux toxicomanes le jardin d'Éole sans lieu alternatif, les installant ainsi rues Riquet et d'Aubervilliers".

Depuis l'évacuation de la "colline du crack" en 2018, les consommateurs de crack se sont regroupés dans le quartier de Stalingrad. Un temps autorisés à se regrouper dans les jardins d'Eole, ils avaient été évacués du parc fin juin, à la demande de la mairie de Paris. La mairie de Paris plaide pour une "prise en charge thérapeutique" des toxicomanes et l'ouverture de centres de soins.

La semaine dernière, Matignon a donné son feu vert pour l'ouverture de nouveaux sites d'accueil des consommateurs de crack.

https://twitter.com/caroleblanchard Carole Blanchard Cheffe de service BFM Régions