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Covid-19: s'estimant mal protégés, des chauffeurs de bus RATP saisissent la justice

Les représentants de chauffeurs de bus de plusieurs dépôts du nord parisien ont déposé un référé. Ils demandent à la RATP de meilleures garanties sanitaires face au coronavirus.

Les chauffeurs de la RATP sont-ils mal protégés face au Covid-19? C'est ce qu'estiment certains d'entre eux. Jugeant que la Régie des transports parisiens n'en fait pas assez pour limiter les risques sanitaires liés au virus, les salariés et élus du personnels de cinq centres de dépôts de bus du nord de Paris ont saisi la justice en référé le 23 juin dernier.

Leur demande est simple, selon leur avocat, Maître Mehdi Bouzaïda, qui s'est exprimé ce vendredi matin sur BFM Paris: "que la RATP agisse de manière réelle sur les risques liés au Covid-19".

"Ce qui est demandé, c'est que la RATP fasse les choses en profondeur et non pas en surface, qu'elle ne fasse pas le minimum réglementaire comme elle le revendique mais qu'elle en fasse, en réalité, le maximum. Tout ce qu'elle doit faire, comme le lui impose le code du Travail."

Une seule désinfection par jour

Le principal point de tension entre les chauffeurs de bus et leur direction est la désinfection des bus, largement insuffisante selon les conducteurs en cette période de crise sanitaire. Si la RATP assure que les véhicules sont désinfectés une fois par jour, comme le prévoit le décret paru durant le confinement, Maître Bouzaïda relève un problème de taille:

"Chaque bus est conduit par plusieurs chauffeurs chaque jour, explique-t-il. Trois, quatre, voire cinq chauffeurs se succèdent à un même poste de conduite, donc ce poste de conduite doit être désinfecté efficacement."

"C'est aussi l'avis de l'inspecteur du travail", précise l'avocat, qui ajoute que la désinfection des espaces passagers reste également insuffisante selon lui. "Il n'y a pas de nettoyage au cours de la journée."

Les bus de la RATP sont en effet désinfectés quotidiennement par des entreprises sous-traitantes. Mais cette opération est effectuée de nuit, assure l'avocat, et dans le noir, pour des raisons économiques.

Un manque de formation et d'information

Plusieurs manquements de la RATP vis-à-vis de ses salariés ont ainsi été constatés par l'Inspection du Travail, poursuit Maître Mehdi Bouzaïda, pour lesquels la régie parisienne a reçu une mise en demeure. Pour autant, les syndicats estiment que de nombreux problèmes persistent et que leurs revendications n'ont pas été entendues.

Outre une désinfection du poste de conduite entre chaque chauffeur, les conducteurs de bus demandent également à être mieux informés et formés sur les risques liés au Covid-19. Ils jugent également que la RATP n'a pas suffisamment bien évalué les risques auxquels sont exposés ses différents agents.

La décision du juge des référés du tribunal judiciaire de Paris concernant l'ensemble des revendications des chauffeurs est attendue ce vendredi.

Juliette Mitoyen Journaliste BFM Régions