BFMTV

Coronavirus: vers un droit de retrait à la RATP?

De nombreux chauffeurs de bus des réseaux Keolis et Transdev exercent leur droit de retrait depuis lundi. Un mouvement qui pourrait également toucher les salariés de la RATP si aucune mesure de protection supplémentaire face à l'épidémie n'est annoncée par la direction prévient l'UNSA.

Alors que près de 200 contaminations au coronavirus ont été confirmées en France, la crainte de l'épidémie gagne aussi les transports en commun. Les réseaux de bus franciliens Transdev et Keolis sont impactés depuis lundi, notamment dans l'Essonne et en Seine-et-Marne, où des chauffeurs ont décidé d'exercer leur droit de retrait

Face à la propagation du virus, ils réclament de nouvelles mesures de protection. Les conducteurs souhaitent porter des gants pour manipuler la monnaie, mettre des masques et pouvoir relever leur vitre anti-agression.

Outre les chauffeurs Keolis et Transdev, les conducteurs de la RATP pourraient eux aussi faire valoir leur droit de retrait dans les jours à venir si aucune disposition supplémentaire de protection n'est prise.

"On attend un signe fort de la direction"

"Ce qu'on attend, c'est un signe fort de la direction", a résumé Bastien Berthier, secrétaire de la CHSCT au département métro d'UNSA-RATP, invité de BFM Paris ce mardi. "Nos collègues ne veulent pas ramener ce virus-là à la maison, à leurs enfants", a-t-il fait valoir.

Les syndicats réclament ainsi "des mesures de prévention et de protection pour protéger les salariés face à ce virus. À l'heure qu'il est, nous n'avons que du gel hydroalcoolique" depuis début février, a expliqué le syndicaliste. "On demande des gants, on demande des lingettes désinfectantes et des masques pour les conducteurs."

Les représentants des syndicats de la RATP ont rencontré la direction de la régie lundi pour "exposer leurs doléances". Bastien Berthier dit par ailleurs ne pas pouvoir prévoir l'ampleur des perturbations à venir sur les réseaux, le droit de retrait étant un droit personnel, mais assure que "la balle est dans le camp de la RATP et de l'ARS".

Les usagers de la RATP vulnérables?

Le représentant de l'UNSA-RATP a par ailleurs déploré "qu'aucune mesure" ne soit prise par la régie pour protéger ses usagers des transports en commun.

"Si on va à Châtelet aux heures de pointe, il y aura aussi des gens confinés (...) Je pense qu'aux heures de pointe, à Châtelet-les-Halles ou Gare du Nord, on doit atteindre les 5000 personnes", a ajouté Bastien Berthier, évoquant le récent arrêté ministériel interdisant les rassemblements de plus de 5000 personnes dans des espaces confinés.

Il a par ailleurs déploré que le nettoyage des métros n'ait pas été renforcé depuis le début de la propagation du coronavirus. "On ne désinfecte pas plus que d'habitude", a assuré Bastien Berthier. Les syndicats de la RATP attendent désormais le retour de la direction quant à leurs demandes, prévu pour ce mardi.

Juliette Mitoyen