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Comment LaREM tente de peser à l’Assemblée pour armer la future police municipale à Paris

Info BFM Paris. Un amendement est en cours de préparation par des députés LaREM pour faire en sorte que la future police municipale parisienne soit équipée d'armes létales. Anne Hidalgo s'y est toujours opposée.

C'était une promesse de campagne d'Anne Hidalgo. La maire socialiste de Paris, à l'instar de ses adversaires Rachida Dati et Agnès Buzyn, défend la création d'une police municipale dans la capitale. Un projet en phase de concrétisation: l'article est inclus dans le projet de loi relatif à la sécurité globale, qui sera soumis au vote du parlement le 17 novembre prochain. Une loi qui sera votée en urgence à la demande du gouvernement, pour laquelle une seule lecture sera nécessaire.

Une question demeure toutefois ouverte: quid de l'équipement des policiers municipaux? La maire de Paris a maintes fois opposé une fin de non-recevoir à l'idée d'octroyer à la police municipale des armes létales.

Mais plusieurs députés parisiens issus des rangs de LaREM estiment pourtant qu'il s'agit d'une nécessité. Un amendement en ce sens est même en cours de rédaction par le député Sylvain Maillard, a appris BFM Paris. Un moyen de contraindre la maire actuelle d'armer la police municipale?

L'exemple des policiers municipaux niçois

"Vous ne pouvez pas être policier et ne pas être protégé", argue-t-il. Et d'ériger en exemple les policiers municipaux qui ont neutralisé l'assaillant de la cathédrale de Nice la semaine passée à l'aide de leur arme de service. Le député parisien a conscience qu'il est difficile d'imposer le port d'arme à la mairie de Paris et pas aux autres maires de France. Pour autant, "notre position, c'est de dire que Paris est une ville différente des autres au regard des institutions qui y sont présentes, insiste-t-il. C'est la capitale de la France".

Ce débat fera sans doute office de dernier rebondissement dans un dossier qui n'en a pourtant pas manqué. Il y a un an, en novembre 2019, un amendement déposé au Sénat par la gauche avait été rejeté par LaREM. "Une forfaiture" du gouvernement, avait fustigé Emmanuel Grégoire, Premier adjoint d'Anne Hidalgo.

La première proposition de loi - déposée par différents députés parisiens, dont Benjamin Griveaux - remonte au mois de février. Une proposition qui restera dans les tiroirs sans jamais être inscrite à l'agenda de l'Assemblée nationale.

Un statut particulier à Paris

Au mois de juin dernier, des élus Les Républicains ont déposé une proposition de loi pour créer cette police municipale. Elle sera finalement insérée dans un texte relatif à la sécurité globale porté par Jean-Michel Fauvergue, ancien patron du RAID, et Alice Thourot.

En raison du statut particulier de Paris, la maire n'a pas le pouvoir de créer seule ce nouveau corps de forces de l'ordre, comme cela peut être le cas ailleurs en France. A Paris, le pouvoir de police appartient à la préfecture de police. Les deux entités devront ainsi s'entendre sur une convention pour assurer la coordination des forces de police sur le territoire de la capitale.

Une fois cette police créée, la loi dispose que les agents pourront "constater par procès‑verbal les contraventions aux arrêtés de police du préfet de police relatifs au bon ordre, à la salubrité, à la sécurité et la tranquillité publiques." Une école de police devra au préalable voir le jour à Paris. Une autre promesse de campagne d'Anne Hidalgo.

Barthélémy Bolo avec Florian Bouhot