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Une ferme à aromates installée sur le toit d'un local RATP

Sur le toit d'un bâtiment RATP, une start-up a installé des cultures d'herbes aromatiques.

Sur le toit d'un bâtiment RATP, une start-up a installé des cultures d'herbes aromatiques. - Aeromate

Dans le 12e arrondissement de Paris, le toit d'un local RATP transformé en ferme urbaine vient d'être inauguré. Une start-up y cultive des aromates, ensuite vendus aux salariés et dans le quartier.

L'agriculture urbaine gagne du terrain à Paris. Une ferme maraîchère vient d'être inaugurée lundi sur le toit-terrasse d'un centre médical de la RATP, place Lachambeaudie dans le 12e arrondissement. Le projet, porté par la société Aéromate fait partie des lauréats des Parisculteurs, un appel à projets de la mairie de Paris visant à développer l'agriculture dans la capitale.

Sur ce toit de 450m2, des plants de basilic, de thym, de romarin mais aussi d'aromates plus rares comme la menthe chocolat ou l'herbe à huître sont cultivés en hydroponie. Avec cette technique d'agriculture hors-sol, les plantes poussent sans terre, directement dans une eau qui coule en circuit fermé, alimentée en nutriment. 

"On réalise 90% d'économie d'eau par rapport à une culture classique, nous explique Louise Doulliet, cofondatrice d'Aéromate. Cette culture a aussi l'avantage d'être très légère, ce qui est adapté pour un toit qui ne pourrait pas forcément supporter le surpoids de la terre."

La production vendue localement

La production est ensuite vendue aux agents RATP sous forme de paniers ainsi qu'aux commerçants et restaurateurs du quartier. Aéromate, qui a pu entamer la commercialisation la semaine dernière, mise notamment sur un réseau d'acteurs locaux comme la Ruche qui dit oui, pour distribuer ses produits. 

La jeune société développe en parallèle deux autres projets de ferme maraîchère en toit-terrasse, également distingués par les Parisculteurs. Le premier verra le jour fin juillet près de la place de la Bourse, l'autre en 2018 sur le toit de l'école d'arts appliqués Duperré dans le 3e arrondissement. Pour la jeune société, l'agriculture a véritablement une place à prendre en ville.

"Bien sûr que l'agriculture urbaine ne pourra pas nourrir les Parisiens, mais c'est un complément. En plus du lien social que cela crée, on apporte sur place des produits de qualité et on recrée une diversité. On l'a constaté avec notre première culture, on voit réapparaître toute une faune, des insectes là où n'y avait rien", ajoute Louise Doulliet. 

En tout, la ville de Paris s'est fixé pour objectif de végétaliser 100 hectares par le biais de l'agriculture urbaine d'ici à 2020. Parmi les autres projets distingués par les Parisculteurs, un potager et une houblonnières doivent aussi voir le jour sur le toit de l'Opéra Bastille
Carole Blanchard