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Paris: projets immobiliers et abattages d'arbres fâchent les écologistes

Dans le quartier du Père Lachaise ou dans le 5e arrondissement de Paris, plusieurs projets qui impliquent des abattages d'arbres ou de nouvelles constructions fâchent les écologistes, qui haussent le ton contre la mairie de Paris.

Elus et militants écologistes se sont retrouvés mardi matin pour former une chaîne humaine boulevard Ménilmontant et dire "non à la bétonisation". L'objet de la grogne, un projet de réaménagement de l'ex TEP-Ménilmontant (terrain d'éducation physique).

Voté en 2011 et soumis à concertation en 2012, ce projet de la mairie de Paris prévoit la création d'environ 80 logements, d'un gymnase, d'un lieu de collecte de stockage et d'un jardin. Pourtant dans la majorité municipale, les écologistes s'opposent aux travaux qui débutent sur les lieux de ce qu'ils considèrent comme l'un des derniers espaces "en pleine terre" de la capitale.

"Limiter le phénomène d'îlot de chaleur"

Alors que l'exécutif parisien met en avant des projets pour limiter les "îlots de chaleur" dans un contexte de réchauffement climatique, ce projet fait tâche. Dans un courrier daté de lundi, le groupe écologiste, appuyé par Pierre-Yves Bournazel, député et conseiller de Paris du groupe des Constructifs ainsi que par Danièle Simonnet de la France insoumise, a interpellé la maire de Paris. 

"Vous semblez omettre vos engagements pris dans le cadre du Plan Climat, voté à l'unanimité au Conseil de Paris. N'est-il pas paradoxal de vouloir limiter le phénomène d'îlot de chaleur, promouvoir la biodiversité, la nature en ville, la végétalisation... en détruisant le peu d'espaces verts et de respiration encore disponibles à Paris?", s'interrogent-ils. 

Abattage de plusieurs arbres

D'autres projets en cours ou à l'étude irritent les écologistes. Dans le 5e arrondissement, le réaménagement de l'Ecole supérieure de physique et de chimie est contesté. Pour ce projet, la ville de Paris a autorisé l'abattage d'une cinquantaine d'arbres. Une pétition en ligne a rassemblé plus de 3.000 signatures.

Dans le 12e arrondissement, c'est l'abattage d'un cèdre de l'Himalaya sur un terrain appartenant à la RATP qui a fait réagir les écologistes. 

“Cet abattage est le symbole d’une politique urbaine qui privilégie l'exploitation intensive de chaque parcelle encore libre au détriment de la reconquête par la nature de l'espace public” s’indigne dans un communiqué David Belliard, président du groupe écologiste de Paris.

A chaque fois, la mairie de Paris argue que des arbres sont replantés, parfois en plus grand nombre que ceux déjà existants. Sur sa mandature, la municipalité s'est aussi engagée à planter 20.000 nouveaux arbres dans la capitale. Mais les défenseurs de l'environnement dénoncent une logique "comptable" de l'écologie.

"Nous ce qu'on voit c'est des arbrisseaux qui sont plantés certes, mais de grands arbres centenaires qui sont coupés à la pelle. On met du béton et du bitume partout ce qui fait que les espaces de pleine terre se réduisent énormément (...). Les conditions de croissance des arbres deviennent compliquées. Ces arbres n'arrivent pas à pousser", constate Christine Lebellec, présidente de France nature environnement Paris. 

De nombreuses études ont montré l'importance des arbres en milieu urbain. Ils permettent en particulier d'atténuer l'effet des îlots de chaleur urbain. Une étude de l'Atelier parisien d'urbanisme (Apur) l'a récemment montré en réalisant des mesures thermiques, illustrées sur une carte de la capitale. En pleine canicule, les seuls îlots de fraîcheur qui se dégagent sont situés dans les grands parcs et bois de la Ville. 

Les îlots de chaleur à Paris.
Les îlots de chaleur à Paris. © APUR
Carole Blanchard avec Marguerite Dumont