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Paris étudie les îlots de chaleur pour mieux faire face à la canicule

Les villes sont plus touchées par les températures caniculaires.

Les villes sont plus touchées par les températures caniculaires. - Miguel Medina - AFP

Une étude a cartographié les différents îlots de chaleur et de fraîcheur de la capitale et recommande des aménagements urbains pour mieux supporter le réchauffement climatique. L'utilisation de certains matériaux permet notamment d'éviter d'emmagasiner la chaleur.

Quand le mercure grimpe en France, il fait toujours plus chaud dans les grandes villes et a fortiori à Paris. Ce phénomène s'observe encore ce mardi avec des températures de 35° dans la capitale, quand les villes voisines affichent quelques degrés de moins.

S'il fait plus chaud en ville, c'est notamment à cause de l'urbanisme et de sa densité. Les bâtiments, les revêtements emmagasinent la chaleur et continuent à en dégager la nuit. L'Atelier parisien d'urbanisme (APUR), en lien avec la mairie de Paris s'est intéressé à ces "îlots de chaleur urbains" afin d'essayer de dégager des solutions en réalisant d'abord des cartographies des zones de chaleur et de fraîcheur.

La chaleur emprisonnée dans la ville

Pour réaliser ces cartes, dévoilées dans le Monde ce mardi, des mesures thermiques ont été menées sur l'ensemble de la capitale. Sur la carte ci-dessous, le rouge marque les zones les plus chaudes relevées pendant une nuit type du mois d'août 2016.

Le constat est clair: la quasi-totalité de la capitale est concernée par ces chaleurs nocturnes avec des rues où la chaleur est capturée. Sans surprise, les seuls îlots de fraîcheur (en vert) se dégagent au niveau des grands parcs et des bois de Vincennes et de Boulogne. Grâce à la végétation, la température peut redescendre pendant la nuit.

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- © APUR

Des revêtements moins adaptés que d'autres à la chaleur

L'étude de l'Apur a aussi étudié la réaction à la chaleur de différents matériaux urbains pour en tirer des recommandations sur l'aménagement du territoire. Par exemple, le béton ou l'asphalte noir stockent davantage la chaleur que les pavés de granit ou le "stabilisé", un revêtement sablé.

Des photos thermiques de l'étude montrent qu'au même endroit, le sol en stabilisé affiche 22° contre 32° pour le trottoir en granit. Une réflexion sur l'utilisation de certains revêtements pourrait ainsi permettre de limiter la chaleur dans la ville.

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- © APUR

"La stratégie d'adaptation au changement climatique peut se traduire par une volonté d'endiguer le stockage de chaleur dans le sol et dans les lieux chauds les plus problématiques de Paris", indique l'Apur dans son étude.

Partant de ces constats, l'Atelier parisien d'urbanisme préconise notamment d'agir sur les trottoirs en asphalte qui ont "une capacité de stockage de l'énergie solaire trop importante". Une des solutions pourrait être de se contenter de la couche de béton sur laquelle repose aujourd'hui l'asphalte car elle "possède des qualités climatiques bien supérieures".

Positionner les arbres pour créer un maximum d'ombre

L'ajout de verdure grâce à la plantation d'arbres est aussi mis en avant pour rafraîchir les rues, mais pas n'importe comment.

"Lors d'un aménagement urbain le positionnement des arbres est ultra-stratégique: il convient de penser leur positionnement en fonction des ombrages créés le jour et en prévoyant les pièges radiatifs qu'ils peuvent créer la nuit". 

L'enjeu de la chaleur est aujourd'hui devenu déterminant pour Paris face au réchauffement climatique. Selon une étude publiée par la revue Nature Climate Change en mai dernier, les villes pourraient gagner 7 degrés supplémentaires d'ici 2100.

Infographie: Comment se forme un îlot de chaleur urbain?

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- © Emeline Gaube - BFMTV
Carole Blanchard