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Inondations en Bretagne: le pire aurait-il pu être évité?

La Laïta est une nouvelel fois sortie de son lit à Quimperlé.

La Laïta est une nouvelel fois sortie de son lit à Quimperlé. - -

La commune de Quimperlé est la plus touchée par les inondations qui touchent la Bretagne. De meilleures prévisions et des travaux en amont auraient pu changer la donne.

Les habitants de quelques 90 logements de Quimperlé, dans le Finistère, doivent encore nettoyer les dégâts causés par des inondations. La Laïta, qui était déjà sortie de son lit à Noël, a débordé jeudi et vendredi. Alors que le département du Finistère est repassé vendredi en vigilance orange "crues", le dossier de catastrophe naturelle a été remis à la préfecture de Finistère pour cette commune qui a été la plus durement touchée par les intempéries qui frappent la Bretagne actuellement. Quimper, Morlaix et Landerneau vivent des situations similaires.

La porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud Belkacem, a annoncé vendredi que l'état de catastrophe naturelle serait "établi" après les inondations en Bretagne "dès que les conditions seront réunies". 

Mais c'est loin d'être la première fois que Quimperlé connaît des inondations. La commune avait été gravement touchée en 1995 et 2000 et chaque hiver des caves sont inondées. BFMTV.com fait le point sur la situation.

Une commune "en bout de course"

La commune de Quimperlé dans le Finistère est à la confluence de l'Isole (à l'ouest) et de l'Ellé (à l'est), qui se rejoignent pour former la Laïta, fréquemment en crue. "On est en bout de course" avant l'océan, résume à BFMTV.com Noëlle Brunerie, de l'association Quimperlé Inondations. Cette situation géographique fait que la commune vit très régulièrement des inondations. Mais si on ne peut pas dompter la nature, des manquements sont pointé du doigt.

Des problèmes de prévisions

Accusés d'avoir sous-estimé la crue de jeudi à Quimperlé, Météo-France et Vigicrues ont finalement classé le Finistère en vigilance rouge, jeudi. La préfecture du Finistère a reconnu que "des écarts ont été constatés entre les prévisions de crues du service spécialisé de la Dreal et la réalité des crues sur Quimperlé", tout en soulignant que la prévision "n'est pas une science exacte".

Lors de l'épisode de Noël, le ministre de l'Intérieur Manuel Valls avait dénoncé une "erreur d'appréciation" des services de l'Etat qui n'avaient selon lui pas suffisamment pris en compte le risque de crues.

Des travaux à faire en amont

Outre le problème de prévision, c'est sur les causes elles-mêmes des inondations que des efforts peuvent encore être faits. "Quimperlé a fait des travaux à l'embranchement de L'Isole et L'Ellé mais ça n'empêche pas d'avoir des crues. Il y a des efforts à faire en amont de Quimperlé", expliquait vendredi matin sur BFMTV le maire adjoint de Quimperlé, Alain Kerhervé.

Pour Noëlle Brunerie "il faut que les municipalités en amont se sentent concernées". La situation n'est pas nouvelle, des études avaient réalisées après les grandes crues de 1995 et 2000.

Jean-Pierre Julou, président de l'association Quimperlé inondations, exprime lui sa colère: "Je suis furieux car depuis les grandes inondations de 2000, où l'eau était montée à 2,30 m dans les habitations, rien n'a été fait pour que l'eau puisse être retenue en amont", a-t-il déclaré à l'AFP. "Nous réclamons depuis 13 ans des retenues d'eau dès l'origine des affluents de la Laïta", a-t-il ajouté. De nouvelles études risquent d'être commandées.

Karine Lambin avec AFP