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En 15 ans, les climatosceptiques ont été plus médiatisés que les scientifiques, révèle une étude

Le glacier du Rhône, victime du réchauffement climatique.

Le glacier du Rhône, victime du réchauffement climatique. - Fabrice COFFRINI / AFP

Les chercheurs, qui ont passé au crible 100.000 articles de la presse papier et internet, établissent toutefois une nuance entre médias traditionnels et nouveaux médias. Ces derniers semblent beaucoup plus enclins à relayer les thèses climatosceptiques, selon l'étude.

La revue scientifique Nature Communications a publié cette semaine une étude analysant des articles publiés entre 2000 et 2016 pour comparer l'attention médiatique portée aux climatosceptiques à celle portée aux climatologues de premier plan. Ce sont les climatosceptiques, des personnes mettant en doute la réalité du réchauffement climatique ou ses causes humaines, qui ont été le plus mis en avant. 

Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs ont confronté la visibilité médiatique de 386 climatologues de renom avec celle de 386 climatosceptiques. 

"Nous montrons ici par comparaison directe que ceux qui sont à contre-courant figurent dans 49% plus d’articles de presse que les scientifiques", annonce l'étude. 

Nuance entre les médias traditionnels et les nouveaux médias

Mais les chercheurs ont aussi apporté une nuance entre la presse traditionnelle et les "nouveaux médias". Les résultats tombent alors de 49% tous médias confondus à seulement 1% de visibilité en plus pour les climatosceptiques dans la presse traditionnelle, comme le Guardian, le New York Times ou le Wall Street Journal. 

"Ce qui démontre objectivement l’éviction des sources professionnelles traditionnelles par la prolifération de nouveaux médias, dont beaucoup contribuent à la production et à la consommation de désinformation liée au changement climatique", analyse l'étude. 

Mais les médias traditionnels ont tout de même leur part de responsabilité dans la visibilité des thèses sceptiques, comme le Guardian qui publiait en 2009 un article présentant plusieurs climatosceptiques

"Ces résultats montrent pourquoi les climatologues devraient exercer de plus en plus leur autorité dans le discours scientifique et public", souligne l'étude. 
Alexandra Jaegy