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Canicule: pourquoi fait-il plus chaud dans les villes?

En période de forte chaleur la concentration d'infrastructures et le manque de végétation contribuent à créer des îlots de chaleur urbain dans les villes. Des réflexions sont désormais menées pour tenter de limiter cet effet, en aménageant différemment le territoire.

Jusqu'à 39° à Paris, 40° à Lyon... cette semaine, les citadins vont particulièrement souffrir de la chaleur. Dès que le thermomètre grimpe, les villes sont en effet les plus exposées à la chaleur. Si à Paris toute l'année les températures sont en moyenne 2 à 3 degrés supérieures la nuit que dans les zones rurales alentour, cet écart s'accentue encore davantage en période de forte chaleur et peut atteindre 10 degrés de différence, selon Météo-France.

Ce phénomène est celui des îlots de chaleur urbain. En cause, le manque de végétation et l'urbanisation. Alors que dans une zone végétalisée, les végétaux emmagasinent la chaleur dans la journée et la rejettent sous forme d'évaporation la nuit, dans les villes, la chaleur est stockée et emprisonnée par les différents revêtements et matériaux utilisés pour les constructions urbaines. La nuit, la température ne redescend pas et la chaleur s'accumule.

Le phénomène des îlots de chaleur urbain.
Le phénomène des îlots de chaleur urbain. © BFMTV

Comment lutter contre les îlots de chaleur? 

Avec le réchauffement climatique, ces îlots de chaleur sont devenus un enjeu pour les villes.

"Il faut s'habituer malheureusement au risque d'en vivre plus fréquemment [des vagues de chaleur, ndlr], avec des pics de chaleur plus élevés. Il faut préparer la ville à ça", insiste sur BFM Paris Emmanuel Grégoire, premier adjoint d'Anne Hidalgo.

L'Atelier parisien d'urbanisme, en lien avec la mairie de Paris, a récemment mené une étude sur l'impact des revêtements utilisés dans la ville sur le stockage de chaleur. La couleur des revêtements sur les trottoirs peut ainsi avoir un impact et faire varier la température localement de plusieurs degrés. Place de la Nation, en pleine transformation, des revêtements de couleur claire qui absorbent moins la chaleur ont ainsi été posés sur les parties piétonnes pour tenter de limiter le phénomène. De nouveaux enrobés sont aussi testés dans plusieurs rues. 

Outre un renforcement de la végétalisation, Paris a également entrepris de "débitumer" des cours d'école en installant des revêtements plus adaptés aux fortes chaleur pour y créer des "îlots de fraîcheur". Plus de 30 écoles doivent être transformées pour la rentrée 2019 et la totalité des cours d'école à l'horizon 2040. 

Carole Blanchard