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Violences à Jérusalem: nouvelle journée à haut risque au lendemain d'un attentat

Des jeunes Palestiniens ont affronté les policiers israéliens à Jérusalem-Est, la partie arabe de la ville.

Des jeunes Palestiniens ont affronté les policiers israéliens à Jérusalem-Est, la partie arabe de la ville. - Ahmad Gharabli - AFP

La ville sainte a été le théâtre de nombreux affrontements mercredi, qui se sont prolongés dans la nuit. Les violence avaient éclaté le matin avec la mort d'un policier israélien après une attaque à la voiture bélier commise par un Palestinien.

Une nouvelle journée à haut risque pour Jérusalem. Depuis quelques semaines, la ville connait un regain de violence, faisant craindre à une troisième Intifada. C'est dans ce contexte que les autorités israéliennes ont annoncé jeudi matin avoir renforcé les mesures de sécurité en plaçant notamment des blocs de béton pour protéger les abris pour les piétons aux abords de la ligne de tramway.

Mercredi matin, un nouvel attentat de la voiture bélier avait visé un groupe de passagers. Un Palestinien de 38 ans avait foncé sur ces piétons, tuant un policier israélien présent sur place. L'homme avait été immédiatement abattu par les forces de l'ordre. La police avait dressé des barrages dans plusieurs quartiers de la partie palestinienne de la Ville sainte occupée et annexée par Israël et déployés des forces supplémentaires aux principaux carrefours.

Des précautions nécessaires alors qu'un autre conducteur palestinien a foncé sur un groupe de soldats israéliens en faction à l'extérieur d'un camp de réfugiés palestiniens d'El-Arub. "Un soldat est dans un état critique, deux présentent des blessures légères", a annoncé le porte-parole de l'armée, précisant que le chauffeur avait réussi à prendre la fuite et était "activement recherché". Il s'est rendu jeudi matin aux autorités.

Manifestation des ultra-juifs

Autre théâtre des violences, l'esplanade des Mosquées a vécu une journée particulièrement tendue. Des jeunes Palestiniens se sont opposés à coup de jets de pierre aux policiers israéliens. Ces derniers ont riposté repoussant les jeunes Palestiniens à se réfugier dans la mosquée Al-Aqsa. Fait rarissime, les forces israéliennes sont pénétrées dans le lieu de culte, ravivant encore un peu plus les tensions. Cette incursion a également été condamnée par la Turquie et la Jordanie qui a rappelé son ambassadeur.

Lieu où se concentre l'ensemble des tensions, l'esplanade des Mosquées pourrait connaître jeudi de nouvelles violence après l'appel des ultra juifs à manifester dans l'après-midi en direction de l'esplanade. Troisième lieu saint de l'Islam, l'endroit est également sacré pour les juifs malgré l'interdiction qui leur ait faite d'y aller prier depuis l'instauration d'un statut quo. 

Netanyahu accuse Abbas

Pourtant depuis quelques semaines, des extrémistes juifs se rendent régulièrement sur place pour y réclamer le droit de prier. Si jeudi, l'esplanade était accessible à tous, mercredi matin les autorités israéliennes avaient décidé d'interdire aux musulmans de s'y rendre. Le ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman a condamné les visites récentes de députés israéliens sur le site, estimant qu'elles ne faisaient qu'envenimer la situation. "Il s'agit d'une utilisation politique cynique d'une situation particulièrement complexe et d'un manque d'intelligence (de la part des députés)", a-t-il déclaré.

Benjamin Netanyahu ne s'est pas embarrassé d'autant de diplomatie pour condamner les différentes attaques perpétuées par des Palestiniens. Le Premier ministre israélien a vu dans cette attaque "la conséquence directe des agissements (du président palestinien Mahmoud Abbas) et de ses partenaires du Hamas qui excitent les esprits".

J.C. avec AFP