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Jérusalem: Israël rouvre l'esplanade des Mosquées pour apaiser les tensions

Figure de l'extrême droite israélienne, Yehuda Glick (ici le 19 janvier 2010) aurait été visé mercredi par un homme à moto à Jérusalem-ouest.

Figure de l'extrême droite israélienne, Yehuda Glick (ici le 19 janvier 2010) aurait été visé mercredi par un homme à moto à Jérusalem-ouest. - Miri Tsachi - AFP

Une figure ultra-nationaliste juive a été grièvement blessée par balles mercredi. Les autorités israéliennes ont abattu le tireur présumé, jeudi matin, et fermé pendant quelques heures la très sensible esplanade des Mosquées.

Israël connaît un regain de tension ce jeudi. Dans la matinée à Jérusalem, les policiers ont abattu un Palestinien soupçonné d'avoir tiré sur une figure ultra-nationaliste juive quelques heures auparavant, dans une nouvelle escalade des tensions dans la Ville sainte.

Fermeture de l'esplanade des Mosquées pendant quelques heures

Devant cet accès de fièvre, les autorités israéliennes ont pris la décision rare de fermer l'ultra-sensible esplanade des Mosquées, à la veille de la grande prière hebdomadaire du vendredi. En fin d'après-midi, Israël a décidé de rouvrir le site, tout en interdisant l'accès aux hommes de moins de cinquante ans.

La police a été placée en état d'alerte sur tout le territoire, a indiqué un porte-parole. Jeudi matin, de jeunes Palestiniens échangeaient avec les policiers israéliens des pierres et des grenades assourdissantes aux confins des quartiers d'Abou Tor et de Silwan, épicentre des troubles au pied de la Vieille ville et de l'esplanade des Mosquées depuis une semaine.

Heurts entre Palestiniens et policiers israéliens

Jeunes Palestiniens et policiers israéliens s'affrontaient près des lieux où les policiers avaient tué tôt jeudi Muataz Hijazi, soupçonné d'avoir tiré mercredi soir sur Yehuda Glick et de l'avoir grièvement blessé.

"Le Palestinien qui était le principal suspect de l'attaque mercredi soir a été éliminé à son domicile dans le quartier d'Abou Tor à Jérusalem par une unité des forces spéciales de la police à la suite d'un échange de tirs", a dit un porte-parole de la police, Micky Rosenfeld.

Selon la radio publique israélienne, ce Palestinien avait passé dix ans dans une prison israélienne "pour activités terroristes".

"Un assassinat pur et simple"

Les résidents ont entendu les coups de feu à 5h50. Muataz Hijazi a été tué sur un toit, selon les témoins. Les policiers sont "arrivés pour arrêter le type qui avait tiré sur le rabbin, ils se sont tiré les uns sur les autres, les heurts ont éclaté après", a relaté Mahmoud Bazlamit, un habitant de 18 ans.

"C'était un assassinat pur et simple. Ils l'ont tué de sang froid", a dit un autre habitant sous couvert de l'anonymat. Les policiers israéliens ont pris le contrôle de l'ambulance qui transportait le corps, selon des témoins.

Yehuda Glick aurait été visé par un homme à moto à Jérusalem-ouest, alors qu'il sortait d'un débat au Centre de l'héritage de Menahem Begin (du nom d'un ancien Premier ministre israélien) sur le mont du Temple (le nom donné par les juifs à l'esplanade des Mosquées) dans la Vieille ville.

Yehuda Glick est un rabbin, colon et personnalité de l'extrême droite israélienne qui milite depuis des années pour que les juifs puissent prier sur l'esplanade des Mosquées. Il a été expulsé à maintes reprises de l'esplanade des Mosquées par les policiers israéliens.

Crainte d'une troisième Intifada

Cette revendication, qui s'est fait entendre de manière accrue ces derniers mois, est une cause majeure des tensions qui pèsent sur Jérusalem-Est, la partie palestinienne de la ville occupée et annexée par Israël.

Celles-ci se sont encore aggravées depuis le 22 octobre. Ce jour-là, un jeune Palestinien de Silwan est, délibérément selon les autorités israéliennes, entré au volant de sa voiture dans un groupe de voyageurs du tramway et a tué un bébé américano-israélien de trois mois et une Equatorienne dans ce que les Israéliens ont qualifié d'attentat terroriste.

Plusieurs quartiers ont depuis été le théâtre d'affrontements quotidiens, faisant redouter une troisième Intifada.

C. P. avec AFP