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Turquie: les coprésidents d'un parti d'opposition kurde placés en détention

Deux coprésidents et des députés d'un parti d'opposition prokurde ont été placés en détention provisoire en Turquie vendredi. Pour le président Erdogan, il s'agit de "terroristes".

Principal parti prokurde en Turquie, le HDP (Parti démocratique des peuples) a été la cible de plusieurs arrestations. Selahattin Demirtas et Figen Yüksekdag, les coprésidents de l'organisation politique ainsi que trois députés ont été placés en détention provisoire après leur arrestation dans la nuit de jeudi à vendredi, selon l'agence de presse progouvernementale Anadolu. 

Une douzaine de députés du HDP ont notamment été placés en garde à vue, une mesure qui a été vivement critiquée par l'UE. Deux d'entre eux ont été relâchés sous contrôle judiciaire, selon les chaînes de télévision CNN-Türk et NTV.

Des "terroristes" pour Erdogan

Les dirigeants du HDP, deuxième parti d'opposition en Turquie, sont les deux personnalités kurdes les plus en vue à être arrêtées depuis le putsch avorté de la mi-juillet, à la suite duquel de vastes purges tous azimuts ont été lancées.

Le président Erdogan considère que le HDP est étroitement lié au PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) et a fait savoir qu'il ne considérait plus cette formation comme un interlocuteur légitime, qualifiant régulièrement ses membres de "terroristes".

La France préoccupée

Le ministère des Affaires étrangères a fait savoir que ces arrestations soulèvent "une vive préoccupation". 

"La France appelle la Turquie à respecter l’Etat de droit et les libertés fondamentales, y compris le pluralisme démocratique et la liberté d’expression et de la presse."

La chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, s'est dite "extrêmement inquiète" après ces interpellations et a indiqué sur Twitter qu'elle allait convoquer une réunion des ambassadeurs de l'UE à Ankara. Les Etats-Unis ont assuré être "profondément troublés" par ces détentions. 

En mai, le Parlement turc a voté la levée de l'immunité des députés menacés de poursuites judiciaires, une mesure contestée visant notamment les élus du HDP.

M.L. avec AFP