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Turquie: 11 jihadistes français renvoyés "tout début décembre" selon le ministre turc de l'Intérieur

Le président turc Recep Tayyip Erdogan lors d'un discours à Istanbul, le 27 novembre 2019

Le président turc Recep Tayyip Erdogan lors d'un discours à Istanbul, le 27 novembre 2019 - Ozan Kose / AFP

Les onze français soupçonnés d'appartenir à Daesh, actuellement détenus en Turquie, seront renvoyés début décembre selon la Turquie. Ils seront immédiatement interpellés et présentés à un juge, selon la procédure du "protocole Cazeneuve".

Onze jihadistes français présumés, détenus en Turquie et en instance d'expulsion, seront renvoyés en France début décembre, a annoncé ce jeudi le ministre turc de l'Intérieur Süleyman Soylu. Les onze Français, soupçonnés d'appartenir au groupe jihadiste Daesh, seront renvoyés en France "tout début décembre", a indiqué le ministre, cité par l'agence étatique Anadolu.

Les onze personnes seront interpellées à leur arrivée

La prochaine expulsion de ces ressortissants français avait été annoncée par un porte-parole du ministère turc de l'Intérieur le 11 novembre lorsque Ankara avait commencé à renvoyer vers leurs pays de présumés jihadistes étrangers détenus en Turquie. Une source proche du dossier à Paris avait alors indiqué que ces Français en passe d'être expulsés par la Turquie étaient "en majorité des femmes".

Certaines de ces personnes sont en prison "depuis longtemps" et d'autres sont arrivées "plus récemment", avait précisé cette source. Elles seront toutes interpellées et présentées à un juge à leur arrivée en France dans le cadre du "protocole Cazeneuve". Signé en 2014, cet accord de coopération policière entre Paris et Ankara permet que des jihadistes rentrant de Syrie via la Turquie soient immédiatement interceptés à leur retour.

Longtemps soupçonnée d'avoir laissé les jihadistes traverser sa frontière pour rejoindre la Syrie après le début du conflit qui déchire ce pays depuis 2011, la Turquie, frappée par plusieurs attentats commis par Daesh, a rejoint en 2015 la coalition antijihadiste. Mais Ankara a été accusé ces dernières semaines d'affaiblir la lutte contre les éléments dispersés de Daesh en lançant, le 9 octobre, une offensive contre la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG), fer de lance du combat contre l'organisation jihadiste.

J. G. avec AFP