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Syrie: 83 morts dans des combats entre régime et jihadistes

Des habitants de la province d'Idleb fuient vers la frontière turque le 10 septembre 2018

Des habitants de la province d'Idleb fuient vers la frontière turque le 10 septembre 2018 - OMAR HAJ KADOUR / AFP

Ce jeudi, des affrontements dans la région d'Idleb, dernière poche de résistance, ont causé la mort de 83 personnes.

D'après une ONG, au moins 83 combattants sont morts au cours de ces dernières 24 heures dans les affrontements opposant les forces du régime syrien à des groupes jihadistes et des rebelles islamistes près de la province d'Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie.

Dernière poche de résistance, la région d'Idleb est le théâtre depuis fin avril d'un regain de violences, alors que le pouvoir de Bachar al-Assad et son allié russe bombardent quasi-quotidiennement le secteur.

44 combattants pro-régime et 39 jihadistes ou rebelles tués

Les jihadistes de Hayat Tahrir al-Cham (HTS, ex-branche syrienne d'Al-Qaïda), mais aussi ceux de Houras al-Din, groupuscule lié à Al-Qaïda, ou encore du Parti islamique du Turkestan, ont participé à l'assaut, selon l'OSDH.

Jeudi, jihadistes et rebelles islamistes ont lancé une contre-attaque sur des territoires du régime dans le nord-ouest de la province de Hama, qui jouxte celle d'Idleb. L'Observatoire syrien des droits de l'Homme a précisé qu'à la faveur de cette contre-attaque, jihadistes et rebelles ont pris le contrôle de deux villages, Tal Maleh et Jibine

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), au moins 44 combattants pro-régime ainsi que 39 jihadistes ou rebelles islamistes ont péri dans les affrontements.

"Les combats violents se poursuivent et s'accompagnent de raids aériens du régime et de la Russie", a précisé le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane. Les violences ont lieu près de "régions chrétiennes et alaouites sous contrôle du régime", a-t-il ajouté.

Par ailleurs, dans la nuit de jeudi à vendredi, deux enfants ont été tués dans des raids aériens ou des tirs d'artillerie sur Idleb, a rapporté l'OSDH.

300 civils tués, 270.000 déplacés

La province d'Idleb est dominée par Hayat Tahrir al-Cham, mais elle accueille aussi des groupes rebelles affaiblis. Près de la moitié des trois millions d'habitants qui y vivent sont des déplacés, transférés depuis des bastions insurgés reconquis par le régime à travers la Syrie en guerre.

Depuis fin avril, le régime syrien et l'aviation de Moscou bombardent Idleb, mais aussi des territoires adjacents tenus par les jihadistes dans les régions de Hama, Alep ou Lattaquié

Plus de 300 civils ont été tués depuis fin avril, selon l'OSDH. Au moins 24 hôpitaux et cliniques, mais aussi 35 écoles, ont été touchés par les bombardements, d'après l'ONU. Plus de 270.000 personnes ont été déplacées.

Aude Solente avec AFP