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Soudan: les autorités parlent de "46 morts" dans la répression, le Conseil des médecins compte 108 morts 

La répression du mouvement contestataire soudanais aurait fait 108 morts depuis lundi 3 juin.

La répression du mouvement contestataire soudanais aurait fait 108 morts depuis lundi 3 juin. - AFP

Depuis lundi et la répression du sit-in par les forces de sécurité soudanaises, le mouvement contestataire qui avait vu le jour en décembre dernier et qui jusque là était globalement pacifique semble avoir sombré dans la violence.

Un nouveau bilan fourni par le Comité des médecins soudanais ce mercredi fait état de 108 morts et 500 blessés depuis lundi et la répression du sit-in par le Conseil militaire de transition. Un bilan qui a été contredit ce jeudi par les Généraux qui dirigent le pays depuis la destitution du président Omar el-Béchir le 11 avril dernier.

Selon le gouvernement de transition, la répression contre le mouvement de contestation n’a pas fait “plus de 46 morts” depuis lundi. Le ministère de la Santé "a démenti (...) que le nombre de morts lors des récents événements ait atteint 100, et assure que le chiffre n'a pas dépassé 46", a rapporté l'agence officielle Suna.

Pas de reprise des négociations en vue

En début de semaine, le Conseil Militaire avait annoncé qu'il n'entendait plus négocier avec les chefs de la contestation avant de changer d’opinion ce mercredi et de se dire favorable à la reprise du dialogue.

Une offre rejetée par les chefs du mouvement contestataire qui réclament le transfert du pouvoir aux civils. "Le peuple soudanais n'est ouvert ni aux négociations, ni à ce Conseil militaire qui tue des gens", a indiqué à l'AFP Amjad Farid, porte-parole de l'Association des professionnels soudanais, l'une des formations clés de la contestation.

Alors que les Généraux nient avoir “dispersé par la force” le sit-in, évoquant une "opération de nettoyage" à proximité qui a mal tourné, ils avaient également appelé mardi à la tenue d’élections sous un délais de 9 mois et non plus trois ans. Une proposition également rejetée par l’opposition qui a qualifié l’appel à des élections par le Conseil de “putschiste”.

Mercredi, le chef adjoint du Conseil militaire, Mohamad Hamdan Daglo, a prévenu qu'il ne permettrait pas le "chaos" au Soudan. "Il faut imposer l'autorité de l'Etat par le droit", a-t-il dit dans une allocution devant ses hommes, retransmise par la télévision nationale.

La communauté internationale très inquiète

Mercredi, la Fédération internationale des droits de l'Homme et deux organisations soudanaises des droits humains ont jugé "nécessaire" une "action urgente" de la communauté internationale au Soudan face à la "répression violente" de la contestation” par les forces de sécurité.

Amnesty International a, quant à elle, demandé à l'Union africaine et à l'ONU de "prendre des mesures immédiates afin de demander des comptes aux responsables de cette violence".

Les Etats-Unis ont également fortement condamné la répression. Washington a appelé les militaires au pouvoir à "renoncer à la violence" et réaffirmé leur souhait d'une transition menée par un gouvernement civil en vue de l'organisation d'élections à une "date appropriée".

De son côté, l’ONU a décidé de faire partir son personnel. Une attitude suivie par le Royaume-Uni qui a rappelé les employés "non essentiels" de son ambassade à Khartoum et déconseillé aux Britanniques de se rendre dans ce pays.

Aude Solente avec AFP