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Soudan: en pleins pourparlers, regain de tension entre militaires et opposition 

Des Soudanaises manifestent dans les rues de Khartoum, le 11 avril 2019, juste après la destitution d'Omar el-Béchir par l'armée.

Des Soudanaises manifestent dans les rues de Khartoum, le 11 avril 2019, juste après la destitution d'Omar el-Béchir par l'armée. - Ahmed Mustafa - AFP

Alors que l'armée et les leaders civils ont repris leurs pourparlers lundi, les discussions semblent ce mardi être au point mort.

L'armée au pouvoir au Soudan depuis la destitution du président Omar el-Béchir le 11 avril dernier, a annoncé ce mardi matin que leur chef, Abdel Fattah al-Burhane, dirigerait le futur Conseil conjoint avec les civils. 

"Le chef du Conseil militaire de transition (au pouvoir) sera le chef du Conseil souverain", a indiqué devant les journalistes le général Salah Abdelkhalek.

Les relations entre les deux camps étaient déjà tendues. Les militaires affirment que six membres des forces de sécurité ont été tués dans des heurts avec les manifestants et l'opposition les accuse d'avoir tenté de disperser le sit-in qui se tient depuis le 6 avril devant le QG de l'armée à Khartoum.

Un regain des tensions

Cette nouvelle décision risque d'exacerber les tensions entre l'armée et les leaders civils. Alors qu'ils tentaient, sans succès, de s'accorder sur la constitution de ce Conseil conjoint depuis plusieurs jours, les discussions sont aujourd'hui au point mort.

L'opposition réclame désormais la dissolution du Conseil militaire de transition qui lui a succédé et le transfert total du pouvoir à une administration civile. 

Appel à manifester

Face à ce regain de tensions, l'armée a déclaré ne pas être opposée et même soutenir le sit-in devant son son QG à Karthoum, proposant même de l'aide "aux manifestants pour les soutenir tout au long du ramadan". 

Une déclaration qui n'a pas convaincu les leaders de l'opposition, qui ont appelé ce mardi à une marche d'un million de manifestants jeudi. Le but cette manifestation étant de réclamer une nouvelle fois l'instauration d'un pouvoir civil.

"Nous appelons à une marche d'un million (de manifestants) le 2 mai pour affirmer notre principale revendication, qui est celle d'un pouvoir civil", a déclaré dans un communiqué l'Alliance pour la liberté et le changement (ALC), groupe en première ligne de la contestation.
Aude Solente avec AFP