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Soudan: comment Alaa Salah est devenue une icône de la contestation contre le régime

Ala’a Sala dans les rues de Khartoum

Ala’a Sala dans les rues de Khartoum - AFP

Vêtue à la manière des reines nubiennes, Alaa Salah est devenue en quelques heures le symbole de la colère soudanaise.

Ce jeudi 11 avril devrait rester comme une date butoir de l'histoire du Soudan. Après plusieurs jours de contestations durant lesquelles plusieurs centaines de milliers de personnes ont défilé dans les rues du pays, demandant le départ d'Omar el-Béchir, président en place depuis maintenant trente ans, ce dernier a été destitué et fait prisonnier par l'armée. En attendant d'éventuelles élections, un "conseil militaire de transition" devrait lui succéder pour deux ans. 

Parmi ces manifestants, une en particulier est devenue le symbole de la révolte. Immortalisée lundi dernier, vêtue de blanc, juchée sur une voiture et haranguant la foule, Alaa Salah est devenue en l'espace de quelques heures une icone sur les réseaux sociaux. 

Le symbole des femmes soudanaises protestataires 

De par son apparence, cette dernière est la représentation des kandakas, surnom donnée aux femmes protestataires qui tire son nom des reines nubiennes de l'antique royaume de Koush souligne FranceInfo. "Les femmes soudanaises ont toujours participé aux révolutions dans ce pays. Cela fait partie de notre héritage", a d'ailleurs expliqué Alaa Salah à l'AFP.

Comme le précise encore le média national, ce mouvement de contestation au Soudan n'est d'ailleurs pas récent. En 2018, de premiers courants dissidents étaient déjà identifiés dans la société soudanaise, avec en leur sein de nombreuses femmes. 

Mercredi, Alaa Salah s'est d'ailleurs inscrite sur Twitter où elle était déjà suivie par près de 20.000 personnes ce jeudi après-midi. Ses messages, dont la plupart ont été écrits avant la destitution d'Omar el-Béchir, témoignaient de son quotidien difficile sous cet ancien régime. "J'ai reçu des menaces de mort, mais je ne serai pas réduite au silence. Faisons tomber le tyran", avait-elle écrit.

Hugo Septier