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Soudan: 60 morts dans la répression de la contestation depuis lundi

Des Soudanaises manifestent dans les rues de Khartoum, le 11 avril 2019, juste après la destitution d'Omar el-Béchir par l'armée.

Des Soudanaises manifestent dans les rues de Khartoum, le 11 avril 2019, juste après la destitution d'Omar el-Béchir par l'armée. - Ahmed Mustafa - AFP

Un nouveau bilan du Comité des médecins soudanais fait état de 60 morts dans la répression de la contestation depuis ce lundi.

D'après le Comité des médecins soudanais, proche du mouvement contestataire soudanais, depuis ce lundi 60 personnes sont mortes dans la répression de la contestation.

Une répression qui avait éclaté au grand jour lundi avec la dispersion du sit-in, qui avait lieu depuis des semaines devant le QG de l'armée à Khartoum, sur ordre du Conseil militaire. Une dispersion qui avait causé la mort d'au moins 35 personnes.

Il s'agit donc ce mercredi d'un nouveau bilan provisoire fourni par ce comité proche de la contestation. L'opération de dispersion de ce rassemblement emblématique de milliers de manifestants, qui réclamaient depuis des semaines le transfert du pouvoir aux civils, a été vivement condamnée à l'étranger, notamment par l'ONU, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne.

Le mouvement contestataire continu

Le comité des médecins soudanais accuse les "milices du conseil (militaire) (...) d'être responsables de ce massacre". La contestation juge ainsi que les Forces de soutien rapide (RSF) sont les principaux auteurs de la dispersion par la force du sit-in devant le QG de l'armée lundi.

Le mouvement a appelé à poursuivre la mobilisation. Il a également rejeté l'appel à des élections par les militaires au pouvoir.

Le sit-in, dans le prolongement de la contestation inédite déclenchée en décembre, avait débuté le 6 avril pour réclamer le départ du président Omar el-Béchir, destitué par l'armée cinq jours plus tard et remplacé par un Conseil militaire de transition. Le rassemblement s'est néanmoins poursuivi pour exiger le transfert du pouvoir aux civils.

Le Conseil militaire de nouveau ouvert à des négociations

Le Conseil militaire de transition, qui avait pourtant annoncé mardi la fin des négociations avec les représentants du mouvement a, ce mercredi, changé d'avis. Il se dit à présent ouvert aux négociations "sans restriction".

"Nous ouvrons nos bras aux négociations sans restriction, sinon celle de l'intérêt national, pour fonder un pouvoir légitime qui reflète les aspirations de la révolution des Soudanais", a déclaré le chef du Conseil militaire de transition, Abdel Fattah al-Burhane, dans un message lu à la télévision nationale.

Aude Solente avec AFP