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Seul 1,27% de la Méditerranée "efficacement protégé" contre un objectif de 10%, accuse WWF

La mer Méditerranée (photo d'illustration)

La mer Méditerranée (photo d'illustration) - CLEMENT MAHOUDEAU / AFP

Avec ce rapport publié ce vendredi, WWF entend alerter les 22 pays signataires de la convention de Barcelone créée pour protéger la biodiversité marine de la Méditerranée. Ils doivent se réunir à Naples à partir du 2 décembre.

Seul 1,27% de la Méditerranée est "efficacement protégé", contre un objectif de 10% fixé il y a dix ans, et la plupart des aires marines protégées (AMP) n'ont en fait qu'une existence "administrative" accuse ce vendredi le WWF dans un rapport.

Officiellement 9,68% de la surface de la mer Méditerranée est classé en aire marine protégée, soit quasiment les 10% auxquels s'étaient engagés les pays riverains de la Grande Bleue en 2010, reconnaît le Fonds mondial pour la nature (WWF).

Mais "la création de la grande majorité de ces AMP est purement administrative", sans aucune "mise en oeuvre effective", dénonce l'ONG.

2,48% seulement de la Méditerranée est ainsi couvert par des aires protégées disposant d'un plan de gestion, et seulement 1,27% par des AMP dont les plans de gestion ont été concrètement mis en oeuvre.

"La quasi totalité des pays méditerranéens" a échoué

Et "la quasi totalité des pays méditerranéens" a échoué dans leur objectif de préserver 10% de leurs eaux, regrette le WWF, en rappelant que la Méditerranée est un écosystème unique au monde, avec plus de 10.000 espèces, dont 28% endémiques. Un capital naturel qui génère un chiffre d'affaires de 5,6 milliards de dollars (5,09 milliards d'euros) par an, principalement dans la pêche, l'aquaculture et le tourisme.

"Si la France est le pays le plus ambitieux en termes de création d'aires marines protégées, dans les faits moins de 1% de celles-ci bénéficient d'une protection forte", souligne Ludovic Frère Escoffier, responsable du programme Vie des océans au sein de l'ONG.

"Une priorité absolue"

Avec ce rapport, WWF entend tirer le signal d'alarme, à trois jours de la réunion des gouvernements méditerranéens du 2 au 5 décembre à Naples en Italie, dans le cadre de la convention de Barcelone, créée en 1976 pour prévenir et gérer les risques de pollution et protéger la biodiversité marine de la Méditerranée.

"Les dirigeants méditerranéens doivent faire de la protection de la biodiversité une priorité absolue, et ils doivent s'engager à protéger efficacement au moins 30% de la Méditerranée d'ici 2030", a insisté Giuseppe Di Carlo, directeur de l'Initiative Marine Méditerranéenne du WWF.
A.J. avec AFP