BFMTV

Ouïghours: la France prête à engager une réflexion sur le terme de "génocide"

Les autorités chinoises sont accusées de mener une répression contre la minorité musulmane des Ouïghours.

Les autorités chinoises sont accusées de mener une répression contre la minorité musulmane des Ouïghours. - Ozan KOSE © 2019 AFP

Les autorités chinoises sont accusées de mener une répression contre la minorité musulmane des Ouïghours au Xinjiang.

La France est prête à engager une "réflexion" pour savoir si un "génocide" est commis au Xinjiang, où les autorités chinoises sont accusées de mener une répression contre la minorité musulmane des Ouïghours.

"Ce terme est un terme juridictionnel. Il mérite d'être posé et nous sommes prêts à envisager une réflexion sur ce thème", a déclaré ce vendredi le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian sur la radio Franceinfo.

"Mais on ne le pose pas comme cela, on le pose en termes juridictionnels. Dans les précédentes affirmations de génocide, c'était une procédure de justice", a-t-il ajouté.

Internés dans des camps de rééducation politique

Les députés canadiens ont adopté en février une motion non contraignante assimilant le traitement réservé par la Chine à sa minorité ouïghoure à "un génocide", provoquant la colère de Pékin, qui l'a qualifiée de "provocation malveillante". Le Canada a aussi annoncé se concerter avec ses partenaires de la communauté internationale sur ce sujet. Peu avant la prise de fonctions de Joe Biden, les États-Unis de Donald Trump ont accusé la Chine de commettre un "génocide" contre les musulmans ouïghours.

Des experts et des organisations de défense des droits de l'Homme accusent la Chine d'avoir fait interner jusqu'à un million de Ouïghours et d'autres musulmans turcophones dans des camps de rééducation politique du Xinjiang. La Chine dément ce chiffre et affirme que ces personnes sont emmenées dans des centres de formation professionnelle, destinés à les aider à trouver un emploi afin de les éloigner de la tentation de l'extrémisme religieux.

Pékin a aussi vivement répliqué à l'imposition lundi de sanctions par les Occidentaux sur la question des Ouïghours, sanctionnant dix personnalités européennes, dont cinq élus du Parlement européen, toutes accusées "de propager des mensonges" sur ce sujet.

Mission de "vérification" au Xinjiang

Jean-Yves Le Drian a une nouvelle fois demandé que la Haute-Commissaire aux droits de l'Homme de l'ONU, Michelle Bachelet, puisse effectuer une mission de "vérification" au Xinjiang, en toute transparence.

"C'est le test de la bonne volonté des Chinois. Le prendront-ils? Je n'en sais rien", a concédé le ministre.

"Mais il est à mon avis un peu difficile pour les Chinois de dire en même temps 'je vais passer un accord d'investissement avec l'UE', accord qui va être soumis au Parlement européen dans quelques jours, alors que parallèlement les mêmes autorités prennent des sanctions contre des parlementaires européens", a souligné Jean-Yves Le Drian.

Le chef de la diplomatie française a annoncé qu'il recevrait ce vendredi matin l'eurodéputé français Raphaël Glucksmann, sanctionné par la Chine.

S.B.-E. avec AFP