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Otage assassiné par Daesh: l'implication d'un Français confirmée

Maxime Hauchard est un Français de 22 ans, parti rejoindre les rangs de Daesh en Syrie il y a plus d'un an.

Maxime Hauchard est un Français de 22 ans, parti rejoindre les rangs de Daesh en Syrie il y a plus d'un an. - BFMTV

L'implication d'un Français dans les décapitations perpétrées par Daesh dans une vidéo diffusée dimanche est confirmée, fait savoir le parquet de Paris. Il pourrait s'agir de Maxime Hauchard, un Normand de 22 ans qui, selon nos informations, est visé par un mandat de recherche depuis août.

Visé par une enquête depuis plusieurs mois. Selon les nos informations, Maxime Hauchard, ce Français originaire de l'Eure, en Haute-Normandie, interviewé par BFMTV via Skype en juillet dernier et soupçonné de faire partie des bourreaux de l'organisation Etat islamique, en Syrie, est visé depuis cet été par un mandat de recherche.

Une enquête a ainsi été ouverte en août dernier contre le jeune Français de 22 ans, pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste.

Un Français impliqué, un second soupçonné

Dimanche, le groupe ultra-radical Etat islamique a diffusé la vidéo d'une nouvelle exécution d'otage, celle de l'Américain Peter Kassig, 26 ans, enlevé en Syrie en 2013. Dans cette même vidéo, authentifiée par la Maison Blanche, dix-huit combattants jihadistes, le visage découvert, sont montrés en train d'égorger des soldats syriens, alignés à genoux.

Parmi les bourreaux, un, voire deux individus sont soupçonnés d'être Français, et l'un d'eux pourrait être Maxime Hauchard.

Des "indices circonstanciés confirment l'implication d'un Français dans la décapitation de prisonniers syriens montrée dans une vidéo du groupe Etat islamique diffusée dimanche", a confirmé lundi à la mi-journée le parquet de Paris.

"Des vérifications sont en cours pour déterminer si un deuxième Français originaire d'une grande ville de province pourrait également figurer parmi les bourreaux, a par ailleurs déclaré une source proche des services de renseignements à l'AFP.

Le procureur de la République de Paris, François Molins, doit donner une conférence de presse à ce sujet lundi à 17h30. 

"Forte présomption qu'il puisse s'agir de Maxime Hauchard"

"La vidéo diffusée a été analysée par nos services de renseignement. Cette analyse tend à établir, avec une très forte probabilité, qu'un ressortissant français a pu participer directement à la commission de ces crimes abjectes", avait dit un peu plus tôt lundi matin le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve.

"Les investigations se poursuivent, mais une forte présomption existe qu'il puisse s'agir de Maxime Hauchard, né en 1992, originaire d'une localité du département de l'Eure et parti en Syrie en août 2013, après un séjour en Mauritanie effectué en 2012", a ajouté Bernard Cazeneuve.

Le ministre de l'Intérieur a par ailleurs confirmé qu'il s'agirait bien de l'individu interviewé par BFMTV en juillet. "Maxime Hauchard avait donné, en juillet dernier, une interview à une chaîne d'information télévisée française (BFMTV, ndlr) enregistrée à partir de Raqqa, en Syrie", a ainsi indiqué Bernard Cazeneuve. "Ce dossier était judiciarisé et confié à la Direction générale de la Sécurité intérieure, et ce dès avant la diffusion de la vidéo de ce week-end, et il appartient aux autorités judiciaires de tirer les conséquences des éléments dont disposent les services de police".

"Au-delà de la condamnation de ces crimes innommables, j'appelle solennellement et avec gravité tous nos compatriotes et particulièrement les plus jeunes, qui sont la cible privilégiée de la propagande terroriste, à ouvrir les yeux sur la terrible réalité des actions de Daesh et de ses groupes affiliés qui asservissent, martyrisent et tuent", a ajouté le ministre. 

Revoir l'interview de Maxime par BFMTV, réalisée via Skype en juillet 2014:

Maxime, un jeune homme "intelligent", "gentil", "cool"

Originaire d'un petit village de l'Eure, en Haute-Normandie, Maxime Hauchard avait un casier judiciaire vierge avant son départ pour la Syrie. Décrit comme "tranquille", "intelligent", "gentil" ou encore "cool" par ses proches, le jeune homme, d'éducation catholique, a surpris tout le monde en se convertissant à l'islam, il y a environ deux ans. Il raconte s'être radicalisé "seul sur Internet", notamment en visionnant des vidéos sur Youtube, sans n'avoir rencontré personne.

Parti en Mauritanie en 2012 pour faire l'école à des enfants, Maxime, révolté par l'intervention française au Mali, souhaite se rendre sur place, mais finit par renoncer face à la difficulté de ce terrain. C'est à son retour en France, lorsqu'il apprend la montée en puissance du groupe Etat islamique en Syrie, qu'il entreprend de s'y rendre. Son trajet est classique: il passe par la Turquie pour rejoindre le territoire syrien, et les rangs de Daesh. Et y parvient sans encombre. Au sein de l'organisation jihadiste, il assure des missions de sécurisation, notamment lors de la prise de Mossoul, en juin 2014. Il est également formé au combat. 

Adrienne Sigel, avec Sarah-Lou Cohen