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Feux en Australie: des poches en tissu cousues en France pour secourir des marsupiaux orphelins

Un bébé kangourou sort la tête de la poche de sa mère, au Zoo de Hoyerswerda, en Allemagne, le 16 avril 2019 (illustration)

Un bébé kangourou sort la tête de la poche de sa mère, au Zoo de Hoyerswerda, en Allemagne, le 16 avril 2019 (illustration) - Sebastian Kahnert / dpa / AFP

Après que le Parc australien de Carcassonne a relayé l'appel à l'aide des associations australiennes pour récupérer des poches en tissu pour que les bébés marsupiaux orphelins puissent grandir, l'élan de générosité a dépassé toute espérance. Des milliers de poches ont été faites bénévolement et envoyées au parc.

"Maintenant il va falloir des bénévoles pour trier": depuis son parc animalier dédié à l'Australie et à ses animaux, situé à Carcassonne, dans l'Aude, Carole Masson n'anticipait pas l'élan qu'a suscité en France son appel à confectionner des pochons en tissu pour secourir les bébés kangourous, wallabies ou koalas victimes des feux en Australie. En plus des milliers de poches en tissu reçues par le parc, une cagnotte en ligne a été ouverte, pour assurer le fret des poches jusqu'en Australie.

Appel à l'aide pour les bébés marsupiaux

Devant l'ampleur du désastre en Australie, où plus d'un milliard d'animaux ont péri depuis le début des incendies en septembre, des associations australiennes ont lancé un appel international à l'aide, relayé en France par le Parc australien de Carole Masson, passionnée de l'Australie où elle a souvent voyagé, rapporte La Dépêche.

La directrice du parc a ainsi diffusé le 8 janvier sur son site et sur Facebook les appels des associations australiennes à confectionner des poches pour les bébés kangourous et autres marsupiaux. En quelques jours, "nous avons reçu des milliers de poches", envoyées par des écoles, des Ehpad, des clubs de couture, des particuliers", s'enthousiasme cette biologiste "passionnée de marsupiaux et d'Australie".

"C'est une véritable tragédie, autant pour les humains que pour les animaux, et le moins que nous puissions faire est d'essayer d'aider. Toutes les bonnes volontés seront utiles pour donner un coup de main aux bénévoles qui œuvrent là-bas" explique Carole Masson à La Dépêche.

Les petits doivent grandir plusieurs mois dans une poche

Simples à réaliser, ces étuis en tissu deviendront des viatiques pour les petits marsupiaux, que leur mère ait été tuée ou qu'elle les ait éjectés "sous le coup du stress". "Pour se développer, ils ont besoin d'être contenus", de pouvoir s'enrouler, explique Carole Masson. Les petits marsupiaux continuent en effet de se développer dans la poche de leur mère, pendant plusieurs mois, avant le sevrage.

Recueillant aussi les excréments des bébés, les poches doivent être changées "très très souvent": "il en faut trente par bébé kangourou" pour les prendre en charge avant leur sevrage alors que les feux ont laissé "une quantité astronomique de marsupiaux non sevrés", détaille encore Carole Masson.

A ses pieds, bien calé dans un panier, c'est ce que fait Diego, un bébé kangourou roux de six mois tombé début décembre de la poche de sa mère dans le Parc australien, qui accueille une cinquantaine de spécimens. Après ce genre d'accident, les mères kangourous "ne recherchent pas leurs petits" explique Carole Masson. A charge pour les humains de prendre le relais jusqu'au sevrage, à huit mois, une opération "relativement simple" mais astreignante, "à raison d'un biberon toutes les 3 heures". 

Un élan de générosité inespéré 

Son assistante, Annia Aubry, explique patiemment qu'il ne faut pas de synthétique, et que les poches - un étui intérieur glissé dans un pochon - doivent être cousues en "coutures anglaises" pour que les bébés ne se prennent pas les griffes dedans. Plusieurs personnes se sont portées bénévoles pour être des "points de collectes" des poches cousues, dans différentes villes.

Des ateliers se sont organisés, comme à "La petite fabrique" à Carcassonne, avec dix volontaires, toutes des femmes de 30 à 60 ans, ou encore à Boulogne-sur-mer, où des couturières bénévoles du centre social municipal "Espace Maës" ont cousu une centaine de poches en cinq jours.

Les tailles requises - pour koalas, opossums, wallabies... - et les détails de confection figurent sur le site du Parc, mais désormais avec l'avertissement qu'il ne faut plus lancer de nouvelles fabrications, les objectifs ayant été largement atteints. Le parc précise sur sa page Facebook que "toutes les poches en cours de fabrication et tous les projets d'ateliers mis en place cette semaine doivent absolument être menés à terme pour répondre à l'objectif".

Départ le 10 février pour l'Australie

"L'appel s'est diffusé à une vitesse terrible, Facebook s'est emballé avec deux millions de personnes touchées", s'étonne encore Carole Masson. Pour qui le ressort de cet engouement a été "face à un désastre énorme, de pouvoir être acteur d'une solution à son échelle, à son niveau".

Face à l'afflux des sacs et colis - à ouvrir, trier et empaqueter - le Parc australien a lancé une collecte en ligne pour assurer le fret et payer les frais de douane, dont les montants ne sont pas encore connus. En attendant une réponse de l'association australienne concernant le nombre de poches qu'elle prévoit d'envoyer, Carole Masson préfère pour le moment "se concentrer sur la collecte et l'organisation du transport, puisque nous attendons plusieurs milliers de poches", explique-t-elle à La Dépêche.

Ce jeudi, près de 13.000 euros ont déjà été récoltés, et une proposition d'aide d'une compagnie américaine de transport a été faite. Le départ pour l'Australie est prévu le 10 février.

Julia Galan avec AFP