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Turquie: Erdogan corrompu et trahi par une écoute téléphonique?

Recep Tayyip Erdogan à Tunis, le 6 juin 2013.

Recep Tayyip Erdogan à Tunis, le 6 juin 2013. - -

Aucune source indépendante n'a confirmé pour l'heure l'authenticité de l'enregistrement. Mais les appels à la démission du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan se multiplient déjà.

Le Premier ministre turc serait-il au coeur d'un scandale de corruption? Recep Tayyip Erdogan a vigoureusement contesté mardi ces accusations, dénonçant une "attaque haineuse". Pourtant, une conversation téléphonique compromettante a été diffusée...

Lundi soir sur Internet, cet enregistrement, dont l'authenticité n'a pas été confirmée de source indépendante, a pour la première fois personnellement mis en cause Recep Tayyip Erdogan, précipitant les appels de l'opposition à sa démission.

Lors de sa harangue hebdomadaire devant les députés de son Parti de la justice et du développement (AKP), le chef du gouvernement turc a qualifié la conversation publiée sur YouTube de "montage indécent" et d'"attaque haineuse". "Jamais nous ne céderons (...) seul le peuple peut décider de nous renvoyer et personne d'autre", a-t-il martelé.

Erdogan conseillerait à son fils de se débarrasser d'une forte somme

Sans surprise, il a accusé la confrérie du prédicateur musulman Fethullah Gülen, longtemps son allié, d'avoir orchestré cette nouvelle attaque.

Dans l'enregistrement, un homme, présenté comme Recep Tayyip Erdogan, conseille à un autre, qui serait son fils Bilal, de se débarrasser rapidement de 30 millions d'euros. Ce coup de fil aurait été passé quelques heures après l'arrestation, le 17 décembre, de dizaines de proches du régime soupçonnés de corruption.

"Fils, ce que je veux te dire, c'est de faire sortir tout ce que tu as chez toi, d'accord?", dit la voix présentée comme celle du Premier ministre. "Qu'est-ce que je peux avoir chez moi? Il n'y que l'argent qui t'appartient", lui répond son interlocuteur.

Cet enregistrement a enflammé les réseaux sociaux et l'opposition, qui pourfend la corruption du régime islamo-conservateur au pouvoir depuis 2002.

L'opposition évoque "trois ou quatre sources différentes"

"Nous avons vérifié auprès de trois ou quatre sources différentes. Ces bandes sont aussi réelles que le mont Ararat", a lancé le chef du principal parti d'opposition, Kemal Kiliçdaroglu (Parti républicain du peuple, CHP). "Prenez un hélicoptère, fuyez à l'étranger ou démissionnez", a-t-il lancé à Recep Tayyip Erdogan.

Mis à mal par les accusations de corruption, le gouvernement a tenté de reprendre la main en engageant des purges sans précédent dans la police et la justice. Il a aussi fait voter des lois controversées qui durcissent le contrôle de l'internet et renforcent l'emprise du pouvoir sur la justice.

A.D. avec AFP