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Migrants: des milliers de gilets de sauvetage dangereux saisis en Turquie

Une femme porte son enfant après une traversée éprouvante entre la Turquie et la Grèce, le 24 octobre 2015 - Photo d'illustration

Une femme porte son enfant après une traversée éprouvante entre la Turquie et la Grèce, le 24 octobre 2015 - Photo d'illustration - Aris Messinis - AFP

La police turque a saisi plus de 1.200 gilets de sauvetage fabriqués illégalement. Vendus à moindre coûts, leur fabrication participe à la multiplication des noyades de migrants embarqués vers la Grèce sur des bateaux de fortune.

La police turque a démantelé dans la ville côtière d'Izmir un atelier de fabrication illégale de gilets de sauvetage bon marché utilisés par les migrants qui tentent de rejoindre les îles grecques, dont 36 ont péri mardi lors de naufrages, a rapporté mercredi la presse locale.

Au moment où les gendarmes récupéraient les corps des victimes sur les plages de la région de Balikesir, face à l'île de Lesbos, les forces de l'ordre ont perquisitionné un atelier où elles ont saisi 1.263 gilets orange, a précisé l'agence de presse Dogan.

Selon les autorités citées par l'agence, ces équipements ne répondent pas aux normes de sécurité et ne permettent pas à leurs utilisateurs de garder la tête hors de l'eau. Cet atelier, situé en plein centre de la troisième ville turque, employait quatre ouvriers, dont deux jeunes filles réfugiées syriennes, a précisé Dogan.

Fabrication illégale de "gilets de la mort"

Des poursuites pénales ont été engagées contre les propriétaires de l'atelier. "Ce ne sont pas des gilets de sauvetage mais des gilets de la mort. C'est simplement un massacre", a déploré sur la chaîne d'information NTV un fabricant de gilets homologués d'Izmir, Ali Karakurt. "Ils utilisent du fil à coudre en coton au lieu de matériel synthétique, qui coûte beaucoup plus cher. Rien n'est aux normes dans cet équipement", a-t-il ajouté en réclamant les sanctions les plus sévères contre les contrefacteurs.

Au moins 36 migrants, dont de nombreux enfants, qui tentaient de rejoindre la Grèce sont morts noyés mardi au large des côtes turques lors de plusieurs naufrages, les plus meurtriers survenus en mer Egée depuis le début de l'année. La Turquie, qui accueille à elle seule 2,2 millions de Syriens et 300.000 Irakiens qui ont fui leur pays en guerre, est devenue l'un des principaux points de départ des migrants qui veulent s'installer en Europe.

A.-F. L. avec AFP