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"Erdogan et sa famille" impliqués dans le trafic de pétrole avec Daesh, accuse l'armée russe

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, le 1er décembre 2015.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, le 1er décembre 2015. - JIM WATSON / AFP

La crise russo-turque ne semble pas près de s'atténuer alors que l'armée russe accuse les Erdogan d'être directement impliqués dans un trafic de pétrole avec Daesh.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan et sa famille sont directement "impliqués" dans le trafic de pétrole avec Daesh (l'acronyme en arabe de l'organisation Etat islamique), a dénoncé le vice-ministre russe de la Défense, Anatoli Antonov, dans de nouvelles accusations contre la Turquie qui a abattu un avion militaire russe le 24 novembre.

"Le principal consommateur de ce pétrole volé à ses propriétaires légitimes, la Syrie et l'Irak, s'avère être la Turquie. D'après les informations obtenues, la classe dirigeante politique, dont le président Erdogan et sa famille, est impliquée dans ce commerce illégal", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à laquelle, pour la première fois, étaient invités des journalistes étrangers.

"Le cynisme du gouvernement turc est sans limite", a-t-il continué, ajoutant que la Russie "a déjà à plusieurs reprises averti du danger de flirter avec le terrorisme".

"Vous ne vous posez pas de questions sur le fait que le fils du président turc s'avère être le dirigeant d'une des principales compagnies énergétiques et que son beau-fils a été nommé ministre de l'Energie? Quelle merveilleuse entreprise familiale!", a-t-il commenté, en référence à la récente nomination au poste de ministre de l'Energie du gendre du président turc, Berat Albayark.

Erdogan dénonce la calomnie des Russes

C'est la première fois que Moscou cite nommément le président turc et son entourage pour accuser Ankara, qui a abattu le 24 novembre un avion militaire russe au-dessus de la frontière syrienne, provoquant une crise sans précédent avec la Russie.

Recep Tayyip Erdogan, dont le pays a rejoint l'été dernier la coalition internationale antijihadiste, avait déjà qualifié ces accusations de "mensonges et calomnies" et nie farouchement couvrir le trafic de pétrole brut organisé par Daesh, qui constitue la principale source de revenus de l'organisation jihadiste. Il a réitéré mercredi ses dénégations, indiquant que personne n'avait le droit de calomnier la Turquie. Il a ajouté qu'il quitterait ses fonctions si de telles accusations étaient finalement avérées.

Les installations pétrolières de Daesh ciblées

Moscou, qui mène des frappes aériennes sur la Syrie depuis le 30 septembre, a intensifié ses frappes contre les installations pétrolières de Daesh, autorisant les pilotes de ses avions de "tirer à vue" sur les camions-citernes dans la zone contrôlée par l'organisation terroriste.

Depuis le début de ses interventions, l'aviation russe a détruit 32 complexes pétroliers, 11 raffineries, 23 puits de pétrole et 1.080 camions-citernes transportant des produits pétroliers, a énuméré Anatoli Antonov, faisant défiler les cartes dans l'immense salle où s'étaient réunis plus de 300 journalistes.

Grâce à ces frappes, Moscou a réussi à réduire de moitié le chiffre d'affaires annuel des activités pétrolières de Daesh, passé de trois milliards de dollars par an à 1,5 milliard de dollars, a-t-il assuré.

la rédaction avec AFP