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Syrie : prisonniers de leurs frontières

Situé à la frontière turque, le camp est alimenté en eau par des citernes, insuffisantes. Les déplacés récupèrent l'eau dans des bassines.

Situé à la frontière turque, le camp est alimenté en eau par des citernes, insuffisantes. Les déplacés récupèrent l'eau dans des bassines. - -

DIAPORAMA - Un camp de réfugiés vient d'ouvrir à la frontière turque, dans le village de Qah. A peine érigé, le premier camp de déplacés en Syrie est déjà surpeuplé.

Ils sont des déplacés "intérieurs" mais c'est comme s'ils avaient émigré car le camp se trouve à 5 km de la frontière turque. Les 400 premiers réfugiés syriens du camp de Qah, érigé il y a une dizaine de jours, sont concentrés dans 50 tentes. Pas plus pour le moment. Mais ils sont plus de 100 à venir chercher, en vain, une place tous les jours.

Ce camp doit sa spécificité au fait qu'aucune ONG n'en est à son origine. Ce sont deux donateurs qui l'ont érigé, Abdul Salam Achour, le directeur de la fondation Al-Yousser, et le cheik Omar Mahrun, un imam. Les fonds viennent de donateurs syriens et turcs. 500 nouvelles tentes devraient arriver prochainement, un don de la part d'un membre du Conseil national syrien, mais le camp manque déjà de matériel et de nourriture.

Tous ces déplacés attendent un transfert dans les camps situés en Turquie. Selon les Nations-Unies, plus de 1,2 million de Syriens en fuite sont piégés dans leur propre pays. Le gouvernement turc a, lui, déjà accueilli 100.000 réfugiés mais refuse d'en recevoir plus. Depuis le 7 octobre, plus personne ne passe la frontière légalement.

Olivier Laffargue