BFMTV

Syrie: le Front al-Nosra appelle à un cessez-le-feu entre jihadistes et rebelles

Un rebelle syrien surveille une position à Alep, le 7 janvier, pendant les affrontements avec les jihadistes de l'État islamique d'Irak et du Levant.

Un rebelle syrien surveille une position à Alep, le 7 janvier, pendant les affrontements avec les jihadistes de l'État islamique d'Irak et du Levant. - -

Alors que de violents combats opposent depuis quatre jours rebelles et jihadistes en Syrie, faisant 247 morts, le chef du Front al-Nosra, la branche d'Al-Qaïda dans le pays, appelle à un cessez-le-feu.

Le chef du Front al-Nosra, branche officielle d'Al-Qaïda en Syrie, Abou Mohammad al-Jolani, a appelé à un cessez-le feu dans les combats qui opposent dans ce pays les rebelles aux jihadistes de l'État islamique d'Irak et du Levant (EIIL) et qui ont fait 247 morts depuis vendredi, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

"Cette situation malheureuse nous a poussés à lancer une initiative en vue de sauver la situation. Elle consiste à former un comité basé sur loi islamique et composé de toutes les brigades importantes (...) à établir un cessez-le-feu (...) et à donner la priorité au combat contre le régime", affirme-t-il dans un enregistrement audio posté mardi sur le compte Twitter d'al-Nosra.

Violents combats depuis quatre jours

Depuis vendredi, de violents affrontements opposent trois coalitions rebelles à l'EIIL, un groupe originaire d'Irak et qui était jusqu'à récemment un allié de la rébellion face aux forces du président Bachar al-Assad. Selon lui, "certaines parties ont accepté ces propositions, d'autres ont subordonné leur accord à l'acceptation de la partie adverse et d'autres parties se sont défilées, mais l'offre telle qu'elle est, ou avec des modifications, est toujours sur la table pour sauver la situation", a-t-il dit.

Le Front al-Nosra, qui s'est constitué en janvier 2012 a refusé en avril 2013 la proposition faite par Abou Bakr al-Bagdadi, chef de l'Etat islamique d'Irak de fusionner pour former l'EIIL. Dans les combats actuels, le Front combat dans la majorité des cas avec les rebelles ou s'abstient de participer aux affrontements.

Risque de recul sur le front syrien

Abou Mohammad al-Jolani accuse l'EIIL "d'avoir mené sur le terrain une politique qui a été un facteur important dans le déclenchement du conflit", et regrette qu'il "n'ait pas été possible de trouver une solution fondée sur la loi islamique entre les principales brigades pour résoudre le conflit".

"Ceci a a conduit à un très violent combat qui risque de nous coûter cher sur le terrain si ca continue, notamment les fronts d'Alep, pour les assiégés à Homs, les habitants de Damas et de la Ghouta", dit-il. "Si le conflit n'est pas réglé, le jihad formé par les mouhajirine (combattants étrangers) et les Ansar (combattants locaux) risque de perdre beaucoup du terrain, le régime va pouvoir trouver un nouveau souffle alors qu'il était proche de l'effondrement et l'Occident et la rafidaine (chiites et alaouites) vont trouver un grand espace", met-il en garde.

A.S. avec AFP