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Syrie: la Ghouta attend toujours la trêve, malgré la résolution de l'ONU

Malgré la résolution votée samedi soir par l'ONU, les bombardements du régime syrien se sont poursuivies dimanche sur la région de la Ghouta orientale.

La trêve finira-t-elle par être respectée? Les habitants de la Ghouta orientale, à l'ouest de Damas, attendent dans l'angoisse ce lundi un début d'application du cessez-le-feu voté samedi à l'ONU, au lendemain d'une nouvelle journée de bombardements et de combats qui ont causé la mort plus de 500 civils en une semaine.

Nouveaux raids aériens

Alors qu'un médecin a fait état de cas de suffocation, de nouvelles accusations d'attaque chimique ont été lancées par un groupe rebelle qui a pointé du doigt le régime, mais Moscou, allié indéfectible de Damas, a réfuté ces allégations.

Le régime a poursuivi dimanche ses raids aériens sur l'enclave rebelle aux portes de Damas -même s'ils étaient moins intenses que les jours précédents- au lendemain d'une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU qui exige un cessez-le-feu d'un mois en Syrie, pour distribuer de l'aide humanitaire et évacuer des blessés dans un pays ravagé depuis 2011 par une guerre meurtrière.

L'Iran, autre grand allié du président Bachar al-Assad, a prévenu que l'offensive, qui vise selon Téhéran des groupes "terroristes", allait se poursuivre.

Une campagne d'une rare violence

Les forces du régime ont lancé le 18 février une intense campagne aérienne contre la Ghouta orientale, qui est le prélude, selon un média prorégime, à une offensive terrestre pour reconquérir cette région. Cette campagne du régime est d'une rare violence.

Chaque jour, les mêmes scènes se répètent, selon des correspondants de l'AFP sur place: des corps alignés dans les morgues d'hôpitaux de fortune, des enfants en pleurs et le visage ensanglanté, des secouristes à bout de force, enveloppés dans des nuages de poussière grise et qui tentent de dégager des victimes des décombres.

Attaque au chlore?

Dimanche, 14 cas de suffocation ont été rapportés après un bombardement du régime, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui a précisé que parmi eux figurait un enfant qui est décédé.

Un médecin a évoqué auprès de des "soupçons d'armes chimiques, probablement une attaque au gaz de chlore". "Une odeur de chlore se dégage des vêtements et de la peau de la plupart des patients. Beaucoup ont des difficultés respiratoires et des irritations au niveau des yeux et de la peau", a-t-il précisé. Un responsable du puissant groupe rebelle Jaich al-Islam, Mohamed Allouche, a accusé sur son compte Twitter le régime d'avoir utilisé du "gaz de chlore".

Mais le ministère russe de la Défense a pointé du doigt les insurgés, assurant qu'ils prévoyaient "un recours à des substances toxiques afin d'accuser les forces gouvernementales d'utiliser des armes chimiques contre la population civile", selon un communiqué.

Si dimanche les raids aériens du régime se concentraient moins sur les zones d'habitation civiles et visaient davantage les secteurs de combats, 14 civils, dont trois enfants, ont cependant péri dans le pilonnage, selon l'OSDH. Ces dernières victimes portent le bilan total depuis le 18 février à plus 530 civils tués, dont au moins 130 enfants.

L'application de la résolution peut prendre du temps

Par le passé, plusieurs cessez-le-feu temporaires ont été adoptés en Syrie. Leur entrée en vigueur et leur respect par les belligérants peuvent parfois prendre du temps, et elles finissent souvent par voler en éclats.

La résolution de l'ONU prévoit des exceptions au cessez-le-feu pour les combats contre divers groupes jihadistes, mais elles peuvent donner lieu à des interprétations contradictoires car Damas qualifie tous les rebelles de "terroristes".

La chancelière allemande Angela Merkel et le président français Emmanuel Macron ont appelé dimanche Moscou à exercer une "pression maximale" sur la Syrie en vue d'une application "immédiate" de la résolution de l'ONU. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, devait d'ailleurs se rendre mardi à Moscou, selon l'Elysée.

De son côté, le pape François a lancé "un appel pressant pour que cesse immédiatement la violence". "En ces journées, mes pensées sont souvent tournées vers la Syrie aimée et martyrisée", a-t-il déploré.

A.S. avec AFP